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Alexandre B. |
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Pourquoi? |
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Cher comte,
Vous dites, je cite: «Je ne vous cache pas que c'est avec curiosité que moi, le comte Dracula, me livre à cette activité plutôt anodine, ne trouvez-vous pas?». Pourquoi donc? Trop de solitude, votre vie (mort?) est simplement trop exécrable? Vous ne sortez jamais? Vous parlez ensuite de Dieu. Personnellement je ne crois pas en Dieu, ainsi qu'aux vampires et autres «bêtes de la nuit». Je pense que toutes légendes ne sont pas parties de rien, mais seulement de l'imagination exagérée de quelques fous ayant du pouvoir. Savez-vous ce que je pense de vous? Que vous êtes un homme comme nous tous, vous vous amusez à vous faire passer pour Dracula (énorme quand même), et le pire c'est que beaucoup de gens vous croient, j'avoue que vous êtes fort, très fort même. Sachez que vous m'avez fait bien rire. Sur ce mes respects à vous grand homme vous faisant passer pour Dracula. Alexandre B. PS: Je pense bien ne pas être publié sur le site, dans le cas contraire j'attends une belle réponse de votre part. Cher Monsieur B., Votre courrier comporte deux questions, auxquelles je vais tâcher de répondre par ordre croissant de difficulté. Vous me demandez, tout d’abord, comment s’organise ma vie sociale. Je vous remercie de vous en soucier et vous rassure: tout est pour le mieux de ce côté-là. Lorsque je demeurais en Transylvanie, je sortais régulièrement dîner dans les charmants villages alentours avant de rentrer me délecter auprès de mes trois –excusez du peu! épouses; avouez qu’il y a pire! Mais il est vrai que l’on s’habitue à tout, même à l’agréable; voici pourquoi j’ai entrepris ce petit voyage en Angleterre, qui me permet de voir de nouveaux paysages, de rencontrer de nouvelles âmes… J’ai le goût de l’aventure et l’esprit curieux. Votre seconde requête est plus complexe. Il me serait impossible de vous répondre que je ne crois pas, moi non plus, en Dieu, puisque ma raison d’être est précisément de me positionner contre Lui ; de même, comment pourrais-je prétendre que je n’existe pas? Raisonner ainsi nous amènerait tous deux aux frontières de l’absurde, ne croyez-vous pas? Vous-même, existez-vous? La vie, après tout, n’est-elle pas un songe? Je crains, malheureusement, que ma réponse ne vous satisfasse pas totalement; vous m'en voyez navré. Si, comme je le pense, vous faites partie de ces personnes qui ne croient que ce qu’elles voient, laissez-moi votre adresse et pensez bien à laisser votre fenêtre ouverte pendant que vous dormez; qui sait, j’aurais peut-être un peu de temps pour venir vous rendre visite, une de ces nuits… Votre dévoué, Comte Dracula PS: le qualificatif «bêtes de la nuit» me chatouille par son caractère quelque peu péjoratif; j’aurais préféré que vous utilisiez d’autres expressions telles que « créatures des ténèbres » ou « légions des enfers ». Je suis susceptible, comprenez… |
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