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Vampiresse Mary |
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Lettre au comte |
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Mon cher Comte,
Il y a si longtemps que je vous cherche! Je vis, comme vous, recluse et sans amis ni famille. Je suis assoiffée moi aussi de ce précieux liquide qui coule dans les veines de ces mortels. Je n'ai personne à qui me confier, c'est à croire que je suis la seule de notre «espèce» à vivre par ici. J'aimerais entretenir avec vous une correspondance occasionnelle, si vous êtes d'accord. Je dois vous quitter, le soleil se lèvera bientôt, je dois regagner la douceur de mon cercueil. Pensées ensanglantées, Vampiresse Mary Chère Mary, Comment puis-je refuser de m’entretenir avec vous! J’apprécie tout particulièrement les compagnies féminines. N’y a-t-il pas moyen que vous me rejoigniez en Angleterre? Le contact de mes épouses me manque… Sanguinement vôtre, Dracula Mary Bonsoir mon cher Dracula, Comme je suis heureuse de votre réponse! Je n'aurais su demander mieux! J'aimerais beaucoup vous rejoindre dans votre château et y partager de beaux moments avec vous, mais je dois vous avouer que je n'ai aucun sens de l'orientation, donc vous devrez m'indiquer le chemin. J'ose espérer que nous pourrons développer une belle complicité vous et moi. Quels sont vos passe-temps cher Comte? J'ai envie d'en savoir plus sur vous. Parlez-moi un peu de votre vie là-bas! J'attends votre correspondance avec une réelle joie. À bientôt! Baisers incarnats, Mary Chère Mary, Pour tout vous dire, je séjourne actuellement à Whitby, une charmante petite ville anglaise juchée sur les côtes du Yorkshire. Il m’a été difficile de quitter ma Transylvanie natale mais je suis heureux de me retrouver dans un endroit où les autochtones n’ont pas encore conscience de mon existence et n’ont donc pas le réflexe de se protéger de moi! Quant à mes activités, il ne me semble pas qu’elles soient différentes des vôtres, du moins dans les grandes lignes! Si vous me posiez des questions plus précises, j’y répondrais certainement avec davantage d’aisance. Mais je manque cruellement de courtoisie et j’oublie d’exprimer mon intérêt envers-vous; pardonnez-moi, ma chère. Vous même, dans quelle contrée séjournez-vous? Sanguinement vôtre, Dracula Bonsoir Comte, Je suis très heureuse de la correspondance que nous échangeons. Elle me rend moins morose car j'habite une grande ville au Canada; elle s'appelle Montréal. Mais la douce tranquillité ne règne guère en ma contrée. Montréal de l'année 2006 est peuplée à l'extrême, polluée et sale. Entre les sirènes des ambulances, des pompiers et de la police, le bruit des automobiles électriques et des klaxons, j'ai la tête qui tourne! J'aurais vraiment besoin de me ressourcer dans un endroit comme celui où vous demeurez... Indiquez-moi le chemin. Je viendrai vous rendre une petite visite. Donc, je vous quitte sur ces mots mon très cher Dracula. J'attends de vos nouvelles avec une très grande joie. Baisers de sang, Mary P.S.: comme passe-temps je pratique la photographie (de nuit bien sûr), beaucoup de lecture et maintenant l'écriture de vos lettres. Et vous?? Chère Mary, Mon château ne se situe sur aucune carte mais si vous venez en Transylvanie, mes épouses sauront vous retrouver et vous guider jusqu’à lui. Ainsi donc, vous vous apprêtez à venir sur mes terres? Quel dommage que je sois justement en voyage! Vous vivez donc dans le Nouveau Monde! Votre patrie semble bien exotique car j’ignore nombre d’objets auxquels vous faites référence: «automobiles», par exemple… Quant au terme «pollution», il ne semble pas renvoyer à la même chose: là d’où je viens, il désigne quelque-chose d’impur, au sens religieux du terme! Je sais bien que les Français, qui ont occupé votre pays, n’ont pas une réputation des meilleures mais enfin, je doute que tous les Canadiens soient des suppôts de Satan –dans le cas contraire, je pense que c’est plutôt moi qui aurai bientôt le plaisir de vous rendre visite ! Par contre, je connais la photographie, qui est une technique véritablement fascinante. Magique, oserais-je dire! Je ne la pratique pas mais, comme vous, je lis beaucoup et possède une bibliothèque dont je suis particulièrement fier. J’apprécie également beaucoup la compagnie des femmes, mais je ne m’attarderai pas dans la description de ce passe-temps car je ne souhaite pas vous offusquer. Sanguinement vôtre, Dracula Cher Dracula, Je suis toujours aussi heureuse de recevoir votre courrier. Si vous le voulez bien je vais vous expliquer ce que veulent dire les mots «automobile» et «pollution» dans le Monde Nouveau. L'automobile est un moyen de locomotion, comme les voitures et leurs chevaux. Par contre il s'agit d'une coque solide et couverte avec des portes de chaque côté. L'engin est muni d'un moteur à explosion, ce qui lui permet d'avancer avec de l'essence et quatre roues. Environ quatre personnes peuvent s'asseoir dans cette voiture. Elle comporte aussi un espace de rangement à l'arrière que l'on appelle au Québec « valise » où peuvent être stockées diverses choses. Pour ce qui est de la pollution, la pollution ce sont les émanations toxiques produites par l'homme moderne. Ces émanations toxiques, qui détruisent la couche d'ozone qui nous protège contre les rayons nocifs et brûlants du soleil, proviennent le plus souvent des automobiles, des cheminées des industries de pâtes et papiers et autres usines de ce genre. Ces particules nocives pour la santé, se propagent dans l'air. L'été, dans ma ville, ces particules se transforment en nuage blanchâtre flottant et enveloppant ainsi les gratte-ciels. Ce nuage de pollution est appelé «smog » (contraction des mots anglais smoke=fumée & fog=brouillard) Donc, comme vous pouvez le constater mon cher Comte, l'homme moderne est en mode d'auto-destruction. Le Nouveau Monde est peut-être technologique et avant-gardiste, mais a-t-on vraiment besoin de tous ces gadgets, de toutes ces usines qui polluent, de détruire la nature? Moi je crois que nous pouvons très bien vivre sans rien de tout ça, mais l'homme a peur de se départir de ses biens matériels; il a peur de revenir aux vraies valeurs. Je ne suis pas certaine que vous apprécieriez les nouveaux changements que l'homme a apportés, mais serais très honorée de vous ouvrir la porte de ma demeure si jamais il vous prenait l'envie de découvrir le Nouveau Monde. Je dois vous quitter car je ne veux pas trop encombrer votre précieux temps. À bientôt et au plaisir de vous lire. Baisers de sang, Mary Mon cher Comte, Je crois avoir trouvé votre château, mais je n'en suis pas certaine. Il semble qu'il est maintenant appelé «le château de Bran». Si c'est bien votre château, alors je pourrais bien vous rendre visite plus tôt que prévu. J'ai bien hâte de vous lire! Sanguinement vôtre (comme vous le dites si bien), Mary |
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