|
|
||
|
Liberté |
||
|
Le désir |
||
|
Cher Monsieur le Comte (ou puis-je vous appeler Vlad?),
Je me suis penchée sur votre histoire que je trouve fort intéressante et très respectueuse. Il est vrai que la disparition de l'être aimé remet en cause et chamboule les théories religieuses que l'on finit par se demander si Dieu (ou peu importe son nom s'il en a un) existe vraiment ou s'il n'aurait pas lui-même fait un pacte avec le diable! Vous avez connu la souffrance et la connaissez encore il me semble (à moins que je ne me trompe; dans ce cas, pardonnez-moi)! Pourtant, je continue de me questionner sur le vaste sujet du désir: en effet, il me semble que dans le vécu que vous nous faites partager -et c'est un honneur- tout tourne autour du désir: désir de mort, de peur, désir de vengeance, désir de contrôler la victime ou plutôt devrai-je dire de la dominer... Mais il y a-t-il une place dans votre mort pour le désir charnel? Le but de ma question n'est en aucun cas de vous offenser, et mon questionnement peut vous paraître complètement stupide; mais pardonnez ma naïveté, c'est une question que je me pose! Bien sûr, le plaisir charnel existe pour vous puisque vous savez si bien donner ce baiser mortel. Mais il y a-t-il un rapprochement entre ce baiser-là et le désir de posséder l'autre? Ce baiser vous comble-t-il? Peut-il être comparé à... (enfin vous voyez!)? Vous reste-t-il des souvenirs de désir? Que ressentez-vous? Que ressent votre «proie»? Pour finir qui est la proie? Est-ce vraiment nous? Ou êtes vous en proie à votre désir? Et de quelle nature est ce désir? En vous remerciant de l'attention que vous porterez à ma requête, je vous prie d'agréer, Monsieur le Comte, mes salutations les plus distinguées. Votre très dévouée, Liberté. P.-S. Une question qui n'a pas franchement de lien avec cette requête: vous arrive-t-il de sortir le jour, cher Prince des Ténèbres? Chère Liberté, Décidément, les dames de votre époque sont bien familières! Vous n’êtes pas la première à souhaiter m’appeler par mon petit nom; vous n’êtes pas la première non plus à m’interroger sur ma vie sexuelle. Diantre! Je vais tout de même vous répondre. Oui, j’éprouve du désir charnel et oui, j’en éprouve également pour mes proies. Celles-ci sont, le plus souvent, de jeunes et jolies femmes. Il s’agit-là d’un choix stratégique: une fois devenues vampires, ces délicieuses créatures sauront attirer dans leurs filets les hommes les plus coriaces. Mais il s’agit également d’un choix personnel: le parfum délicat d’une femme désirable est bien préférable à la peau rugueuse d’un homme! Quant à mes proies, après avoir été victimes de mon baiser, elles sont à jamais soumises à mes désirs et leur volonté n’est plus assez forte pour s’opposer à la mienne. Enfin, oui, je peux sortir le jour. Contrairement à ce que pensent certains de vos compatriotes, ce n’est pas la lumière du soleil que je crains, mais certaines heures de la journée. Sanguinement vôtre, Dracula |
|
|
|