Noa
écrit à

   


Dracula

     
   

La patience

    Enchantée,

Je me suis beaucoup amusée à lire votre correspondance. Puis-je me permettre de m’étonner de votre patience face à toutes ces demandes?

Si je ne me trompe, vous êtes au XIXe siècle. Quelle sera votre réaction lorsque vous atteindrez mon époque? La fascination pour les vampires, et tout ce qui touche à l’occultisme, est en plein essor (je suis sûre que vous possédez déjà plusieurs fan clubs). Sans compter l’extension des nouvelles technologies et les limites de plus en plus repoussées (voyager dans l’espace fait presque partie du quotidien).

Je me pose cette question: jusqu’où peut aller l’humanité? Je regrette seulement de ne pas avoir assez de temps pour tout voir.

Cordialement,

Noa


Chère Noa,

Ma prétendue patience est une qualité tout aléatoire. Je privilégie mes affaires à ma correspondance et si je me plais à lire certaines missives, d’autres m’amusent beaucoup moins…

Je comprends votre fascination pour l’immortalité. Quelle sera l’image du monde dans un, deux, trois siècles? Les vampires, je l’espère, auront soumis les hommes; c’est, je crois, à cette direction que tend l’avenir quand j’entends parler de votre époque. Alors que les mortels du dix-neuvième siècle craignaient les créatures de l’ombre, beaucoup de ceux du vingt-et-unième, au contraire, les adulent; le catholicisme ne semble plus dicter ses lois et la morale est sans cesse remise en cause… Je me réjouis de pouvoir, dans quelque cent ans, découvrir ce nouveau paysage!

Sanguinement vôtre,

Dracula