Louis
écrit à

   


Dracula

     
   

Être en devenir

    Mes salutations à vous.

Ce que je vais vous adresser comme message pourrait être interprété de manière négative, mais grand bien leur fasse, je n'ai d'intérêt qu'à vous adresser mes paroles, toute autre personne qui lira ces quelques lignes n'aura de pensées que pour elle.

Je suis ce que l'on nomme communément un humain, fait de chair et d'os, avec des sentiments, des émotions. Mais il est un point où je ne m'estime pas leur égal. Je possède en effet une pensée qui dépasse la norme commune, mon esprit d'analyse tend à se surélever. Et il est intéressant de constater que malgré une partie de ma personnalité qui se veut analyste et supérieure, une autre partie plus profonde me plonge au fond d'un gouffre d'où la seule lumière que je puisse percevoir n'est autre que le reflet scintillant de la noirceur de mon esprit. Je n'ai aucun pouvoir de quelque sorte que ce soit, si ce n'est peut-être le pouvoir des mots. Mais je ressens au plus profond de moi, et ce depuis mon plus jeune âge, une force obscure. Nourri du sentiment qu'un jour je deviendrai. Et avec les années, mon ressenti s'est tourné vers le vampirisme. Tout simplement parce que chaque soir, une fois endormi, je me prends à devenir vampire, et sans aucun remords, je répands nuit après nuit le malheur et le désespoir, pourfendant les faibles et me gorgeant du sang de mes victimes.

Et donc tout ceci m'amène à vous poser enfin la question suivante. Si vous avez pu devenir vampire, puis-je moi aussi aspirer à pactiser un jour avec le diable et devenir vampire? En cela que je révulse les vivants et exprime un profond dégoût pour «l'humanité», ce qui m'amène aussi à révulser ardemment l'existence humaine pitoyable qui est la mienne.

Bien à vous.


Cher Louis,

Pour devenir vampire, il n’est pas nécessaire que vous alliez jusqu’à pactiser avec le diable: il suffit que vous rencontriez l’un des nôtres. Cela dit, vous pouvez servir le camp du Mal et éliminer vos prochains de bien d’autres manières…

Sanguinement vôtre,

Dracula