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Sophie |
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Empaler la tête des gens |
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Bonjour monsieur Dracula,
J'ai lu la merveilleuse oeuvre de monsieur Bram Stoker, celui qui, excusez-moi, vous a «créé». J'ai également lu une grande partie de votre biographie. Mais il reste encore des choses troubles dans mon esprit! Je voudrais vous demander plusieurs petites choses: d'où vient votre «envie» d'empaler la tête des gens? Et aussi j'ai lu -bien évidemment et veuillez m'excuser une nouvelle fois- qu'après le décès de votre femme, vous avez fait une sorte de «pacte» pour devenir vampire... Je vous en suis reconnaissante. A bientôt, Sophie. Chère Sophie, Dans d’autres courriers, je me suis déjà exprimé sur les raisons qui ont fait de moi un vampire. Pardonnez-moi, mais je ne souhaite pas me répéter, d’autant qu’il s’agit d’un souvenir pénible. Quant au fait que j’empalais mes victimes, il faut que vous situiez ces actes dans leur contexte pour que vous puissiez les entendre. Pour une petite occidentale de votre époque, l’empalement est sans doute perçu comme un acte barbare d’une extrême cruauté. Mais dans la Transylvanie médiévale, les actes de torture étaient beaucoup plus fréquents et nous émouvaient beaucoup moins. Par ailleurs, il s’agissait d’un stratagème: mes hommes étaient beaucoup moins nombreux que les Turcs, il fallait agir avec ruse. Or, pour un musulman, toucher à l’intégrité d’un corps est quasiment blasphématoire et mes ennemis étaient amenés à me craindre… Sanguinement vôtre, Dracula Cher monsieur Dracula, Je vous remercie de m'avoir répondu. Effectivement l'empalement a été une très bonne ruse, puisqu'à un moment un sultan voulait attaquer la Valachie, pour laquelle vous vous êtes obstinément battu à trois reprises. Mais un jour, vous vous êtes fait emprisonner par le roi de Hongrie qui vous a proposé de vous marier avec sa sœur. Pouvez-vous me citer son nom, si cela ne vous rappelle pas de trop mauvais souvenirs? Amicalement, Sophie Chère Sophie, Vous vous référez certainement à Hunyadi Mátyás, qui n’était pas encore roi de Hongrie au moment où il m’a emprisonné, mais qui était sur le point de l’être. J’ai par ailleurs effectivement épousé sa sœur, mais je n’y étais aucunement obligé: ce mariage servait autant mes intérêts que les siens… Dracula |
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