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écrit à

   


Dracula

     
   

Dieu

   
Cher Comte Dracula,

Je vous écris à nouveau (et rassurez-vous je signerai ma missive) pour vous expliquer ce que le soi-disant «Dieu» de Dialogus a voulu dire par cette étrange assertion, selon laquelle« il ne saurait être associé à un combat». Cela vient, je pense, du fait que cette entité n'est pas le Dieu biblique mais un imposteur athée qui propage une propagande anti-religieuse.

Si vous lisez ses réponses vous remarquerez d'ailleurs qu'il nie toutes les vérités bibliques et ignore celles mêmes les plus élémentaires du catéchisme.

Il donne des réponses de « Normands» genre peut-être bien que oui, peut-être bien que non, car il ignore et/ou rejette l'enseignement de l'Église.

Cordialement, 

Gérard L.


Cher Gérard,

Je me suis sérieusement penché sur la question de ce Dieu de DIALOGUS (j’ai demandé une copie de sa correspondance à Sinclair Dumontais). Il en ressort plusieurs conclusions plus ou moins proches des vôtres:

Ce dieu n’est absolument pas le Dieu des écrits pour lequel j’ai combattu, comme il n’existe qu’un Dieu, celui-ci est forcement un imposteur.

Plus intéressant est en revanche est ma deuxième déduction. Voyez-vous, je ne sais que trop bien que Dieu existe puisqu’il m’a trahi. Mais tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir à faire Dieu. La majorité des gens n’ont que la foi comme garantie. Or pour ces gens-là qu’est-ce que Dieu représente? Je ne parle pas des écrits mais essayons de jouer un peu les philosophes:

«Je suis ce que tu veux que je sois». Dieu est une projection de l’homme, une entité puissante qui les protège pour certains, un sage généreux qui veille au bon déroulement de la vie sur terre pour d’autres ou encore un père fondateur? Ce Dieu de Dialogus est donc une sorte de philosophie d’un homme probablement athée et qui réfléchit avec sagesse sur Dieu. Bien qu’il soit dans le faux, j’apprécie fortement la finesse de son raisonnement et ses propos athées.

Philosophiquement votre,

Le comte Dracula


Cher Comte Dracula,

Je partage entièrement l'avis de votre Excellence. Sauf pour la finesse des raisonnements présumé de cet imposteur qui me semble plutôt répondre à l'emporte-pièce, comme un joueur de ping-pong aux questions qui lui sont posées. Ou encore à la façon de ces philosophes chinois, qui émettent des «vérités profondes» qui en réalité ne veulent rien dire, sans réflexion profonde et sans prendre conscience du rôle qu'on attend de lui. Ce sont des croyants qui s'adressent à lui et c'est à des croyants qu'il répond. Il devrait se montrer plus en phase avec les attentes de son public. Enfin, j'espère n'avoir pas trop abusé du précieux temps de votre Excellence et lui souhaite bon voyage en Angleterre.

G.L .


Cher Gérard,

Je suis tout à fait d’accord: il répond à sa question sur le volet. Mais c’est, je pense car les réponses sont évidentes: du moment que la philosophie a été adoptée, les réponses aux questions s’imposent d’elles-même. Un exemple avec la réponse qu’il m’a donné: si l’on considère que Dieu n’existe pas (vous remarquerez mes efforts pour m’adapter à votre façon de penser) et qu’il n’est qu’une invention humaine, tout comme les Saintes Écritures, il est logique que si on lui dit qu’on a combattu pour lui il réponde: «hein, pardon! Je vous rappelle que je n’existe pas et donc que je n’ai jamais pu vous demander de combattre pour moi». C’est pourquoi je trouve ses réponses fines. Malheureusement Dieu existe bien. Mais le fait de se savoir de moins en moins aimé à cette époque doit lui faire mal, ce n’est que justice.
Quand à ceux qui lui écrivent, êtes-vous sûr que ce soient de vrais croyants? Voyez, des rares souvenirs qui me restent de ma vie de mortel, c’était avec la prière que l’on communiquait avec Dieu, pas avec votre Internet. Ceux qui écrivent savent donc que ce n’est pas Dieu qui leur répond mais bien cette philosophie, et je ne comprends pas après pourquoi ils viennent se plaindre que ce dieu n’est pas celui des Saintes Écritures. A moins qu’à votre époque la religion soit tombée si bas que les gens sont obligés de lui parler par Dialogus pour trouver des réponses.

Concluons en disant que je hais la religion, sauf quand elle engendre la guerre, que je hais Dieu, sauf quand il provoque la douleur (comme il m’a fait) et que de toute manière il est voué à disparaître, car voyez-vous ce que les guerres, la philosophie et le débat n’ont pu faire, le temps le fera (pour plus de détails sur ma conception de la religion je vous conseille de lire la correspondance nommé «amour et religion»)

Amicalement votre,

Le comte Dracula


Cher Comte Dracula,

Je n'ai pas votre expérience de la foi, ni de la religion et vous avez certainement raison quant à l'égoïsme de l'Église. Il n'en demeure pas moins que l'Homme se veut rationaliste et que les incohérences apparentes de la religion le dérangent. Pour le reste, qui vivra verra.....

Amicalement

G L


Cher Gérard,

Encore une fois je me dois de vous contredire: ce n'est pas l'Église ni ses dogmes qui heurtent les esprits: n'oubliez pas que Dieu existe même si vous ne m'en semblez pas tout à fait convaincu; ce qui tue l'Église c'est qu'elle ne respecte pas ses propres principes: même Dieu m'a trahi alors… Voyez vous j'en prends conscience car je vis dans une époque où la contestation du catholicisme, voire du christianisme se fait de plus en plus forte. Mais l'homme n'attend qu'un geste, qu'un homme pour récupérer sa ferveur, mais l'Église ne pense qu'à son profit et n'en tient pas compte. Dérogeant à la règle je me suis renseigné auprès de DIALOGUS et j'y ai vu la confirmation de ma théorie: lorsque ce pape, Jean-Paul II est mort, il y a eu un renouveau de la ferveur chrétienne, et pourtant il n'a pas fait grand-chose: juste ce dont l'Église avait besoin: il a joué au globe-trotter (j'adore cette expression de votre époque) pour répandre un message qu'il avait un tant soit peu modernisé, et le tour est joué. Mais des dirigeants comme lui l'Église n'en aura pas beaucoup et je peux vous affirmer qu'elle est vouée à disparaître.

Temporellement vôtre

Le comte Dracula


Cher Comte Dracula,

Touché! Votre Excellence a encore raison, cependant jamais Dieu n'a autant été aimé, ce sont les institutions humaines comme l'Église qui déçoivent comme le prouve le courrier important reçu par ce pseudo Dieu. L'Homme aime Dieu mais l'Église le frustre et l'enferme dans un carcan de rites et de croyances annexes absurdes et ridicules qui donnent au croyant honte de sa foi. La religion heurte l'esprit, qui se veut rationaliste, de l'Homme moderne qui redoute le ridicule des dogmes imposés par la religion et qui se sent honteux tant des crimes commis par les religions jadis que par la chape de silence imposée par l'Église sur la nature même de ces dogmes sur laquelle elle se refuse à toute explication. Pourquoi la Trinité? Pourquoi la conception virginale? Pourquoi l'Eucharistie? etc... Cette tentative naïve de correspondre avec Dieu via Dialogus n'en est que plus touchante! Enfin souhaitons que cet imposteur ne dira pas trop de sottises.

Amicalement Vôtre

GL


Cher Gérard,

Je crois qu'il est temps de mettre fin à cet échange épistolaire;

N'y voyez pas pas une offense, j'ai pris beaucoup de plaisir à converser avec vous. Cependant je pense que vous avez remarqué que nous vivons à deux époques différentes et que donc nos deux visions ne sont pas du tout les mêmes (pour plus d'information sur le thème «les personnes mortes ont-elles à intervenir dans nos débats» je vous renvoie à ma réponse à «dialogus2.org/lemonde.html».). Voyez-vous vous êtes dans une époque où, à ce que j'ai cru comprendre, l'homme se veut rationaliste. Après consultation de Sinclair Dumontais j'ai compris que la science avait une place importante dans votre société. A mon époque elle n'existe que sous sa forme embryonnaire et est encore fortement imprégnée de valeurs religieuses. De même je sais moi-même que Dieu existe mais, croyez moi, vous avez raison de l'oublier plutôt que de recevoir une terrible déception comme moi.

Quant à l'incohérence de la religion, elle n'existe pas! Il s'agit juste que celle-ci n'a pas compris comment garder la foi des hommes. Voyez-vous cela me rappelle ce qui s'est passé récemment en France: le peuple exigeait des mutations de la société et du pouvoir, le roi a gardé le même système et il a fini à l'échafaud. C'est identique pour l'Église: tant qu'elle continuera à prêcher son message de chasteté et d'asservissement de la femme elle perdra des fidèles. Une fois de plus je vous renvoie à ma correspondance «amour et religion».

Discuter avec vous a été un grand plaisir et si d'aventure vous désireriez continuer de débattre avec moi de thèmes autres, je reste à votre disposition.

Amicalement vôtre

Le comte Dracula


Cher Comte Dracula,

Je comprends et j'acquiesce, votre Excellence.

Amicalement,

GL