|
|
||
|
Mélissa Bathory |
||
|
Combattre au nom de Dieu? |
||
|
Cher Dracula, Sachez tout d'abord que les vampires et les loups-garous me fascinent depuis bien longtemps et, bien que je sache pratiquement tout les concernant, je n'en ai jamais vu de mes propres yeux, même dans les endroits les plus sombres de ce monde. Aussi est-ce un grand privilège pour moi de m'adresser à un vampire et pas n'importe lequel! Le plus grand des vampires de tous les temps! Je vais vous poser trois questions: 1)J'ai lu dans votre passé que vous aviez «combattu au nom de Dieu». Mais... combattu quoi? 2)Qui a tué votre «bien aimée»? Est-ce la faute de Dieu? Avez vous vraiment vu le diable en personne? Êtes-vous la seule personne avec qui il a pactisé? 3)Selon vous, la vie vaut-elle la peine d'être vécue? Avec mon plus grand respect, Mélissa Bathory Chère Mélissa Bathory, Quel ingénieux pseudonyme! Vous soulignez, en l’utilisant, votre intérêt affirmé pour les mondes maléfiques! Par ailleurs, vous semblez vous être intéressée à mon existence davantage que la plupart de mes interlocuteurs. Je vais donc me faire un plaisir de répondre à vos questions. Tout d’abord, j’ai effectivement combattu «au nom de Dieu». A l’époque où je vivais, mes terres subissaient les invasions des Turcs musulmans. Récemment converti au catholicisme, j’ai défendu la chrétienté. Je me rends compte maintenant que l’Église avait un rôle beaucoup plus orienté vers la politique que vers la religion, et qu’elle s’est rendue coupable d’actes… peu «catholiques», si vous me permettez ce clin d’œil. Je me suis donc dressé contre Dieu, car l’Église Le représentait, sans songer à dissocier les deux. Mais si j’ai bien donné mon âme au diable, je ne l’ai pour autant jamais rencontré. Par ailleurs, je ne sais pas si la vie vaut la peine d’être vécue. Cela dépend; la mienne, certainement pas. Songez un peu: j’étais en guerre contre mon propre frère, réduit en esclavage dans mon enfance, jouet de forces politiques qui me dépassaient… Et puis, la mort de mon aimée, à propos de laquelle je me suis exprimé dans un autre courrier –souffrez que je ne souhaite pas m’appesantir à ce sujet. Mais le goût du suicide semble être à la mode, à votre époque, si j’en juge par le nombre important de suppliques que je reçois à ce sujet… Voilà, j’espère avoir étanché votre curiosité. Sanguinement vôtre, Dracula |
|
|
|