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Simon |
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Ce Jonathan Harker |
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| Comte, Je vous écris à propos de ce Jonathan Harker qui doit venir vous rendre visite bientôt selon ce que vous dites dans votre lettre d'acceptation. D'abord, il n'est pas agent immobilier, mais bien avocat (sollicitor). Je connais vos intentions de vous acharner sur lui, de lui faire découvrir l'enfer et de lui faire perdre la raison. Je vous en conjure, ne le faites pas. Je ne m'en fais pas spécialement pour lui, mais bien pour vous. Vos actions à partir de cette visite seront directement à l'origine de votre perte. Je vous parle aussi de ce fou qui vous attend en Angleterre, ce Renfield qui est à l'hôpital dirigé par le docteur Seward. N'entrez pas en contact avec lui et restez loin de la famille Westenra. Suivez mes conseils, cher comte, et vous vivrez éternellement. Je ne suis pas fou, croyez-moi. Je veux simplement vous mettre en garde contre un grand péril. Simon Cher Simon, Tous cela n'est que pure spéculation. Vous me prêtez des motifs impurs, vous m'insultez en me considérant comme un mortel et vous osez me donner des conseils. Quelle infamie! Je pense que vous auriez avantage à vous occuper des affaires de votre époque et cessez de proférer des sottises sur un sujet que vous ne connaissez guère. Le comte Dracula Comte Dracula, À votre guise, comte. Libre à vous de penser ce que vous voulez et même de m'insulter. Je ne m'en offusque pas, ce n'est pas dans mon caractère. Au moins, j'aurai essayé. Si vous désirez vous lancer vers votre perte sans réfléchir, c'est votre choix. Donc, vos intentions envers Harker ne sont pas impures? Puis-je demander ce que vous lui voulez? Simon Cher Simon, Que vous importent mes intentions envers Jonathan Harker. Je suppose que vous savez (puisque vous semblez tout savoir) que je souhaite acheter des domaines aux alentours de Londres. Voilà le motif de sa visite. Je ne doute pas que vos intentions étaient louables, mais non seulement vous vous basez sur une information que je pense erronée (le livre de Stocker) et de plus, en tant que simple humain, vous n’avez guère le droit de conseiller le comte Dracula. Vous ai-je demandé votre avis? Je ne crois pas, croyez-moi je suis bien capable de me débrouiller tout seul. Le comte Dracula Cher comte, Je remarque chez vous un immense complexe de supériorité. Je ne vous mets plus en garde, c'est inutile. Pouvez-vous me jurer que vous ne lui ferez aucun mal? Oui, jurer à un être inférieur à vous (comme moi selon votre point de vue) est possible, comte Dracula, car c'est une question d'honneur. Ainsi vous désirez déménager à Londres. C'est une ville magnifique et vous vous y plairez sûrement. Est-ce que vous trois pensionnaires/concubines vont déménager aussi? J'espère que ce changement vous sera profitable. J'avoue qu'après quelques siècles, on doit trouver le temps long dans la campagne transylvanienne. J'ai cependant une dernière question. Pourquoi vouloir quitter la terre qui vous a vu naître (et mourir)? Pourquoi cette fuite soudaine de vos origines? N'y voyez pas une attaque quelconque, je recherche seulement des réponses. Simon Cher Simon, Vous commencez à devenir agaçant avec vos questions pleines de sous-entendus et recelant de perfidie. Je vous rassure. Bien que vous étant supérieur, cela ne me complexe nullement. C’est plutôt vous, les humains, qui, pour la première fois depuis des millénaires, faites un complexe d’infériorité face à une autre espèce. Rien d’humain ne peut m’atteindre. J’ai transgressé les lois de Dieu, alors comment de simples mortels apeurés pourraient-ils m’atteindre? Je ne répondrai pas à vos questions perfides et désinvoltes. Et, que diable, laissez ce pauvre monsieur Harker tranquille. Votre dévoué, Le comte Dracula Comte, Je prends la peine de vous préciser que mes questions ne sont pas des attaques mais bien une recherche de la vérité et je deviens tout à coup un être perfide. J'avoue que je suis déçu. Je voulais simplement savoir ce qui pousse un être tel que vous à vouloir quitter son pays, à tout laisser derrière pour déménager dans la plus grande ville du monde, là ou personne n'existe vraiment et où personne ne se démarque, où même Jack l'Éventreur ou Mr. Hyde ne sont que des animaux de cirque. Je ne comprends pas pourquoi quelqu'un voudrait quitter un endroit où il est roi pour un endroit où il ne sera rien de plus qu'une nouvelle attraction. Je termine en m'excusant de vous importuner et en vous mentionnant deux détails: D'abord, ma première lettre visait à vous mettre en garde car je me faisais du souci pour vous. C'est vous qui m'avez insulté (alors pour les sous-entendus et la perfidie, je vous aurais suggéré un miroir, mais il ne vous serait d'aucune utilité). Finalement, vous serez sans doute très heureux d'apprendre qu'à mon époque, Dieu est mort depuis longtemps. Certes, certains fanatiques y croient toujours, mais ils se contredisent continuellement entre eux. Vous avez donc gagné, comte Dracula. Vous serait-il possible de transmettre mes amitiés à M. Harker quand il arrivera? Simon Cher Simon, Je crois qu’il est temps de s’expliquer, je vais vous dire les choses de manière claire puisque mon langage distingué n’arrive pas à votre oreille. Je ma contrefiche de vos prétendus avertissements. Je vous le répète, mes pouvoirs me mettent à l’abri de toute forme de danger de provenance non divine. Et ce n’est pas votre livre à mon sujet qui dictera ma conduite, d’autant plus qu’il doit être absolument faux s’il en est parvenu à ma mort par des humains. Je ne cherche guère à vous insulter, Simon, mais à vous faire comprendre que seul le vampire peut aider l’homme (ce qui n’est encore jamais arrivé), pas le contraire. Comprenez que je suis le prédateur, que vous êtes la proie et que je n’ai rien à craindre. Je pense vous avoir tout dit et si (par malheur) vous deviez encore me répondre, je vous prie d’être moins véhément. Votre dévoué, Le comte Dracula Très cher Comte, Vous espériez sans doute que je ne répondrais pas, mais comme je ne vous crains aucunement, je prends le risque. J'ai très bien compris que mes avertissements étaient vains et que je n'avais pas à avertir un vampire d'un quelconque danger puisque aucun humain ne pouvait lui faire de mal. Si j'ai paru insistant sur ce point, veuillez accepter toutes mes excuses. Je ne crois cependant pas avoir été «véhément» à votre égard. J'ai tout simplement adopté un ton semblable à votre première réponse qui m'a parue très agressive, surtout que votre interlocuteur avait été très poli et était rempli de bonnes intentions (puisque une mise en garde vise à éviter des malheurs à quelqu'un). Vous ne réponsez pas à ma dernière question. Pourquoi vouloir quitter la Transylvanie? Cette question me semble légitime car vous avez accepté de vous prêter au jeu de Dialogus. J'ose espérer que vous ne retournerez pas toutes les questions des personnes qui vous écriront avec des «que vous importe mes intentions», etc. Dans ce cas, il ne vous est aucunement utile de vous joindre à ce «panthéon». Simon Simon, Je me demande réellement lequel de nous deux fait un complexe de supériorité. Quoi qu’il en soit, je vais répondre à vos questions si cela est le prix pour obtenir la tranquillité. Vous savez probablement (puisque vous savez tout!) que parmi les domaines que je compte acheter se trouve celui de Carfax. Disons que j’ai soudainement eu de pieuses envies. On dit qu’il y a une très belle église là-bas. Ce sera le lieu idéal pour un pieux recueillement. Bien entendu, les habitants de cette région ne sont guère pieux et si d’aventure on trouvait une communauté catholique, l’accès à l’église serait difficile. Le comte Dracula Dracula, Très décevant, il faut avouer! J'aurais préféré la vérité, mais il fallait bien s'y attendre de la part d'un être comme vous. Enfin, bonne chance! Simon Parbleu, cela est trop fort! Sachez que j’exige des excuses. Pour votre gouverne j’ai tué des hommes pour moins que ça et si j’en avais l’occasion je laverais l’honneur des Tepes en vous embrochant. Comment osez vous… «Un homme comme vous». Vous m’insultez. Sur mon sang , si vous ne présentez pas des excuses dans votre prochaine et dernière lettre, la vengeance du comte Dracula sera terrible. Par un simple humain de surcroît! Je reconnais bien là l’arrogance typique de votre espèce. Mais soyez sûr que je n’en resterai point là. Craignez la colère du comte, où que vous soyez, y compris dans le futur. Soyez sûr que j’irai me plaindre auprès de Sinclair Dumontais! Moi, un descendant des Tepes, un menteur! Je vous conseille vivement de vous excuser avant d’avoir une réponse grandeur nature à vos questions. Cher comte, Je vous l'ai dit, je ne vous crains en aucune façon. Je vous présente cependant mes excuses pour avoir soulevé votre colère. Serez-vous capable de faire de même à mon égard? Il me semble que plusieurs de votre propos dans cet échange épistolaire ont été très disgracieux aussi. Remarquez, je ne fais pas ça pour me mettre au même niveau que vous, mais seulement pour rétablir la communication sur une base de respect mutuel. Remarquez aussi que je n'ai pas utilisé l'expression «homme tel que vous» mais bien «un être tel que vous». Je n'oserais pas vous traiter d'homme, ne vous inquiétez pas. Le but de ma précédente réplique était très simple. Vous me répétez que mes sources, le roman de Stocker, sont fausses. Mais de votre côté, vous ne cessez de me mentionner des éléments de cet ouvrage. N'y a-t-il pas contradiction? Stocker est le seul à parler de Harker, de Carfax, etc. Les autres livres sur vous ne le font pas. Et de plus, je suis peut-être un homme, mais je ne suis pas un imbécile. Comment un vampire peut-il avoir la très pieuse envie de s'installer dans une église? Si votre but est de la souiller, ce ne sont pas les églises qui manquent en Roumanie. Pourquoi en choisir une en Angleterre, protestante de surcroît? Vous conviendrez qu'il est normal que je m'interroge sur votre réponse. Donc, vous en avez marre de votre pays, soit. Cela est très possible. Mais pourquoi l'Angleterre? Si vous choisissez de me répondre, j'espère qu'après votre longue diatribe sur votre supériorité, sur le fait que je ne suis qu'un insecte, que ma famille est maudite pour des générations, vous répondrez honnêtement à mes questions. C'est le but de Dialogus et, au risque de me répéter, si vous ne vous prêtez pas au jeu, vous n'avez pas à y figurer. Simon Cher Simon, Je perçois encore beaucoup d’arrogance et de prétention dans votre lettre. Cependant comme vous avez fait un effort, si minime soit-il, pour repartir sur des bases plus stables, je prendrai en compte votre bonne volonté en répondant à vos questions. Bien sûr je n’ai aucune envie d’aller dans une église, je me moquais de vous. Pour répondre à la question: pourquoi l’Angleterre, il vous faut vous replacer dans le contexte de l’époque actuelle, car j’ai cru comprendre que cela avait changé. Vous n’êtes pas sans savoir que je désire étendre l’influence des vampires et commencer à coloniser la planète. L’Angleterre est le pays qui me le permet avec le plus de facilité. En effet avec ses vastes empires coloniaux et ses nombreux navires elle permet une plus rapide propagation du vampirisme, chose qui sera à la charge de mes créatures puisqu’il me faut demeurer près de ma terre natale. J’ai lu ce fameux roman de Stocker (Dialogus m’en a fait parvenir un exemplaire). Il est vrai que ce Bram Stocker s’appuie sur des choses vraies au début de son livre, notamment la venue de Mr. Harker et mes intentions. Cependant je ne crois absolument pas à sa fin et notamment à ma mort. Je suis cependant curieux de savoir d’où l’auteur tient ces informations. Si d’aventure, il venait sur Dialogus, je lui poserais la question. A propos, Dieu a beaucoup changé entre temps. Car figurez-vous que, le voyant sur Dialogus, je m’empressé de lui demander pourquoi il m’avait trahi. Savez-vous ce qu’il m’a répondu? «Mon nom ne saurait être associé au combat.» Vous qui êtes de cette époque, peut-être pourriez-vous m’expliquer pourquoi cette réponse inattendue? Comme il est plus facile de discuter avec vous maintenant! Votre dévoué, Le comte Dracula |
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