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Une nouvelle Église? |
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| Respects, À l'instar de l'Église, votre institution a pris aujourd'hui des proportions que son fondateur n'aurait pu imaginer. Au XXIe siècle, les films de Disney, et tous leurs innombrables objets connexes, se répandent partout sur le Globe, à un point tel que ça en dérange plusieurs. Certains accuseront vos oeuvres et celles de vos successeurs de falsifier la culture d'origine des contes que vous reprenez (par exemple, Pocahontas, Mulan, Cendrillon, le Bossu de Notre-Dame, j'en passe et des meilleurs). Certains vont même jusqu'à affirmer que vos «produits culturels», en s'imposant partout, minent la culture locale et uniformise l'univers imaginaire des enfants. De plus, on reproche souvent à votre compagnie de faire fabriquer ses produits dérivés (jouets, vêtements, gadgets...) dans des pays exploités du Tiers-Monde, surtout par des enfants... ceux-là même que vous avez pour mission d'amuser! Les conditions de travail de ces enfants sont d'autant plus horribles lorsqu'on les compare à celles d'animaux engagés pour réaliser la version réelle des «101 Dalmatiens» qui ont eu droit à un hôtel avec chambre individuelle et aux services d'un traiteur. À vous-même monsieur Disney, on reproche d'avoir été un patron autoritaire et anti-syndicaliste. Aujourd'hui, l'armée américaine utilise la technologie de votre compagnie en matière d'animation tridimensionnelle pour mettre au point des systèmes d'entraînement militaire. J'aimerais avoir votre opinion sur ce qui advient aujourd'hui de ce que vous avez créé il y a quelques décennies et de ce que l'on peut en dire. merci à l'avance, Julien Fecteau Robertson Cher M. Fecteau Robinson, Étrange comparaison que celle mêlant mon entreprise à l'Église, mais soit, je veux bien vous l'accorder dans le sens où j'ai été le fondateur et que ce sont mes successeurs qui ont eu à «prendre soin» de mon oeuvre. Je vois en effet dans les informations de votre message que tout ne semble pas aller pour le mieux dans l'entreprise. On m'avait cependant déjà reproché d'uniformiser la pensée des enfants et à ceux-là, je rappelle que je travaille avant tout dans le divertissement, même s'il est certain que mes films ont une morale et tentent de faire passer au mieux un message -le plus souvent positif, l'espoir par exemple-. Mais je n'ais pas demandé à m'imposer, seulement à faire rêver et qu'y puis-je si ces films ont du succès? La Walt Disney Company est aussi une entreprise à but lucratif et on ne peut pas lui reprocher de «gagner de l'argent» en vendant ses produits. Par contre, il est tout à fait recevable de lui reprocher l'exploitation des enfants du Tiers-Monde s'il s'avère que cela est vrai. Je n'ai pas en ma possession toutes les clés qui me permettent de discuter aisément de ce problème, celui-ci n'étant pas encore d'actualité à mon époque. Mais je condamne sans hésitation cette forme d'exploitation si celle-ci est malsaine. Quant à la façon dont j'ai dirigé mon entreprise, qu'on me donne des faits, je tenterai de les expliquer et si j'ai commis des erreurs, je saurai les reconnaître. Enfin, j'apprends par vous-même, donc, que l'armée américaine utilise certaines de mes installations dans le but de créer des systèmes d'entraînement militaire. Mon avis là-dessus va en deux sens. Si l'armée américaine n'en a pas laissé le choix à la Walt Disney Company, je ne peux blâmer cette dernière qui ne pouvait probablement qu'accepter. Si, au contraire, il s'agit d'un commun accord, alors deux nouvelles possibilités s'offrent à nous et elles sont déterminées par le but et les conséquences de ces installations militaires. Je dois dire qu'en tant que chef d'une entreprise qui a pour but de divertir, le domaine militaire n'est pas mon fort aussi je ne me risquerai pas à des analyses qui risquent d'être fausses et probablement mal interprétées. Merci de vous intéresser autant à mon travail. J'espère avoir le plaisir de discuter à nouveau avec vous. Walter Elias Disney. Monsieur Disney, Croyez que je suis très content de savoir que vous condamnez les actes de vos successeurs par rapport aux enfants qu'ils exploitent en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie; il serait bien que leur écriviez une lettre à ce sujet via la machine à voyager dans le temps de monsieur Dumontais. Au sujet de l'utilisation militaire que l'on fit de la technologie 3D de Walt Disney co., je ne vois pas en quoi elle aurait pu être imposée. Elle a été faite dans le cadre dans le cadre de la seconde invasion états-unienne en Irak, guerre illégitime s'il en est. Pour ce qui est de votre gestion interne de Walt Disney Company, je serais bien incapable de vous citer un seul dossier auquel vous auriez pu avoir affaire, je peux toujours tenter de me renseigner, è moins que vous ne me parliez plus avant de ce qu'il aurait bien pu vous arriver, par exemple, avec le syndicat. En ce qui concerne l'uniformisation culturelle, vous n'avez rien répondu à l'accusation qui veut que vous travestissiez et trahissiez les contes que vous «remakez». Pour ce qui est de s'imposer, vous ne pouvez tout de même pas nier que vous disposez d'un budget vous permettant, par des campagnes de publicité monstre à chaque nouveau film, d'écraser toute concurrence dans tous les pays qui vous chante. Ne croyez-vous pas que les productions de divertissements enfantins locaux, et par le fait même la diversité culturelle, souffrent, de votre hégémonie? Au plaisir, Julien Fecteau Robertson Cher Monsieur Julien Fecteau Robertson, Que de questions, je vais tout de même tenter d'y répondre le plus justement possible. Tout d'abord, la condamnation à propos des actes de mes successeurs en rapport à l'exploitation en Amérique du Sud me semble tout bonnement normale et humaine. Malheureusement, je doute qu'une lettre qui voyagerait dans le temps puisse être d'une quelconque utilité. Les gérants d'entreprise n'écoutent pas les morts. Toutefois, pour la forme, je le ferai, espérant peut-être secouer quelques esprits. Comme vous le voyez, l'armée est loin d'être mon domaine et je suis très peu informé sur le futur. Vous m'apprenez vous-même dans votre lettre qu'une guerre en Irak a eu lieu et que cette guerre est illégitime. Je ne sais pas comment je pourrais donner un avis sur une guerre dont tout m'est inconnu. Vous la dites illégitime, je veux certes bien vous croire mais il me serait utile de savoir pourquoi et ce qu'est cette invasion états-unienne dont vous me parlez. Voyez-m'en vraiment navré si je ne peux répondre à votre question. En ce qui concerne mes relations avec le syndicat, voilà comment cela s'est déroulé. En 1941, les Disney Brothers Studio durent devenir une société anonyme suite à la commande de films de propagande par l'armée américaine. Nous devînmes la «Walt Disney Productions Company». On vendit des actions qui permirent de rembourser les dettes et de renflouer les coffres. Ainsi, nous réussîmes régler la majorité de nos problèmes, mais toujours il restait ce conflit avec les employés. En effet, suite à de nombreux événements (faillite approchée de très près en 1940 due au fait que l'Europe en guerre ne commandait plus de films d'animation et au prix élevé de la construction des Studios, reproches faits suite à ma façon de diriger mon entreprise). Une grève du personnel eut lieu en mai contre toutes mes attentes. Sous la commande du Président Roosevelt, je fis la tournée des capitales latino-américaines en tant qu'ambassadeur des États-Unis (période durant laquelle mon équipe et moi avons travaillé sur les films «Saludos Amigos» et «Les Trois Caballeros). Pour ce qui est de la grève, on dut en venir à accepter la présence d'un syndicat dans les studios. Certains animateurs quittèrent malgré cela la compagnie et fondèrent les studios UPA. Cela dit, je n'ai aucune «rumeur» ni aucun détail croustillant à vous livrer en ce qui concerne mes relations avec ce syndicat pour la bonne raison qu'il n'y en a pas, du moins selon ma façon de voir les choses. En ce qui concerne les remakes des contes ou romans originaux, je ne me suis jamais caché de cela. Nous avons toujours fait des adaptations en donnant notre vision de l'histoire. En effet, je considère que les contes sont faits pour être racontés au fil des générations et chacun offre sa vision de l'histoire. D'ailleurs, pour de nombreux contes, il existe plusieurs versions d'une même oeuvre et en ce qui concerne les romans, j'ai toujours acheté les droits de ceux-ci quand cela était nécessaire. Sur un film comme «Mary Poppins» par exemple, l'auteur du livre dont le film est l'adaptation avait son mot à dire et n'hésitait pas à le faire. Nous n'aurions pas créé de film sans son accord. Enfin, en ce qui concerne l'idée que la Walt Disney Company détienne un certain monopole, je ne peux certes le nier (il semble qui plus est que ça a été encore plus largement le cas dans les années 90, moins dans les années 2000). Toutefois, on ne peut pas demander à mon entreprise de «faire exprès» de réaliser des mauvais films pour laisser la place aux autres. Nous tentons de réaliser les meilleurs films possibles comme je l'ai toujours souhaité et ne croyez pas que les échecs nous aient été épargnés. Des films comme «Fantasia», «Alice au Pays des Merveilles» ou «La Belle au Bois Dormant» n'ont pas été salués à leurs sorties respectives. J'ai de plus su que des films qui me succèderont comme «Taram et le Chaudron Magique» ou «Dinosaure» seront des échecs. Nous faisons certes connaître nos films dans tous les pays du monde mais de là à parler de publicité monstre. Je suppose que vous faites référence une fois de plus à ce que deviendront les Studios dans le futur. Malheureusement, encore une fois, je ne parlerai pas de ce que je ne connais pas. Je vous remercie toutefois pour votre franchise et pour l'intérêt que vous portez à mon entreprise. Magicalement, Walter Elias Disney. PS: Veuillez m'excuser pour avoir «écorché» votre nom de famille. Un moment d'égarement de ma part. |
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