Les fantasmes et autres futilités
       
       
         
         

eirka@wanadoo.fr

      Salut!

Juste quelques questions!

La première... pourquoi cette question classique adressée souvent à nos interlocuteurs lors d'une conversation... «Est-ce que tu crois en Dieu?»... Ce n'est pas tant la question en soi qui me gêne, mais l'emploi du verbe «croire»! En effet, ce verbe semble posséder, à mon sens, une idée d'incertitude! Par exemple, je peux dire à un ami me parlant de tierces personnes «Oui, je crois qu'ils vont nous rendre visite ce soir!» Ma phrase signifiant alors que je ne suis pas sûr de la visite de ces personnes! Tu vois où je veux en venir? En d'autres termes, ne serait-il pas plus judicieux, pour reprendre ma première question, «Es-tu sûr de Dieu?»? Ici, il me semble ne plus y avoir d'ambiguïtés quant à une éventuelle certitude! Qu'en penses-tu? Je sais, tu vas sans doute me dire que chacun t'appréhende à sa façon, mais, s'il te plaît, essaie de creuser un peu la question! Merci!

Ma seconde question est la suivante! Il est dit que Dieu a créé l'homme à son image, ce à quoi Voltaire a répondu... «Et l'homme le lui a bien rendu!» Vaste cercle vicieux d'un renvoi de responsabilités. Non? Bref, partons du principe que tu sois un homme. Un homme normalement constitué est empreint de fantasmes d'ordre sexuel... Alors, quels sont les tiens? Je sais, tu vas sans doute me dire que le principe du fantasme est justement de ne pas être révélé sous peine justement de perdre sa fonction de fantasme... mais un petit effort, s'il te plaît! Promis! Je ne répéterai rien à personne! Tu pourrais aussi me répondre que tes fantasmes sont de l'ordre d'une fraternité entre tous les hommes ou toute autre réponse du même type, là aussi, s'il te plaît, je te demanderai de m'éviter ces clichés, qui à bien y réfléchir, me semblent caduques! Non pas qu'ils ne me fassent pas «envie», mais, je me suis tellement ratatiné dans la vie, que la fraternité me semble une belle utopie! Merci pour ta réponse à cette question!

Enfin, je conclurai ma lettre par la phrase suivante «Si j'étais Dieu, je ne croirais pas en moi!» Ce que j'entends en ce sens, et je vais faire ici référence à Joseph Mouton, c'est que l'on a usé de toi comme d'un joker! C'est-à-dire qu'en certaines circonstances des individus ont imploré ton aide, et miracle, il s'est produit quelque chose allant en leur faveur! Je ne sais si tu y es pour quelque chose... sans doute que oui... c'est pourquoi, au nom de tous ces hommes, je te remercie!

Maintenant, (et après, promis, j'arrête de t'embêter!.. mais ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de pouvoir s'adresser à toi!), je vais te situer ma position quant à ton «idée»! Je suis sûr de quelque chose, que l'on peut pour nommer «Dieu» pour simplifier les choses, mais le terme de «force» me semblerait mieux adapté! En résumé, je suis sûr d'une force supérieure... seulement voilà, le côté «étiquette» et «catéchisme» ou autres «prières» du même accabit... là, j'avoue, j'ai du mal! Disons que j'aspire plus à la pureté de ton «idée» qu'à tout le carnaval qui s'est dressé autour de toi! Si tu es à l'origine de ce dit «carnaval», alors sois rassuré, tu m'as bien fait rire! Voilà!

Bien à toi!

Rodolph

PS. Si un jour tu passes dans le coin, tu peux toujours venir à la maison prendre un Coca!

 

       
         

Dieu

      Rodolph,

À ta première question je répondrai qu'il vaudrait mieux demander non pas «Est-ce que tu crois en Dieu?», non pas «Es-tu sûr de Dieu?», mais «Comment est ton Dieu?». Car tout le monde croit en moi, tout le monde a la certitude que j'existe. Même ceux qui le nient. Les différences sont dans les manières de me définir. Pour connaître les manières dont les autres me perçoivent, voilà ce que tu dois leur demander.

À ta deuxième question je répondrai que ta prémisse est fausse. Je ne suis pas un homme. Tu le dis toi-même plus loin dans ta lettre: je suis une idée. Si tu veux que je sois une force je le serai.

dieu