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Cyril |
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Homo sapiens et son évolution |
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Monsieur Darwin, Cher Cyril, Bonjour et merci de votre réponse, Je pensais plutôt à une évolution du corps humain: nous sommes devenus bipèdes, notre colonne vertébrale est fixée sous le crâne, nous avons une capacité crânienne plus importante que les autres primates et nos aïeux, plus de pouce opposable sur nos pieds, etc... Ma question portait plutôt sur l'évolution de notre corps. J'ai bien conscience de l'avantage que constitue la vie en société dans la lutte pour la vie, mais je ne comprends pas en quoi elle constitue un avantage sélectif à notre niveau, vu que notre interaction avec notre environnement n'a rien à voir avec celui d'une tribu de chimpanzés, de macaques, ou même une meute de loups. D'où ma question. Il ne s'agit pas de s'adapter en profitant des bienfaits de notre civilisation puisqu'elle vient à nous avant même que nous ayons besoin d'elle. Amitiés, Cyril Cher Cyril, C’est une erreur que de vouloir séparer l’évolution du corps de l’évolution des comportements, et cela, que ce soit pour l’homme ou pour les autres animaux. Les structures n’offrent d’avantage ou d’inconvénient sélectif que par rapport au fonctionnement qu’elles facilitent ou limitent. La structure de l’aile d’une chauve-souris et son apparition sous l’effet de la sélection naturelle ne peuvent se comprendre indépendamment de l’avantage sélectif lié au vol. Il en est de même pour l’homme. Vous parlez de la capacité crânienne importante de l’homme comparé aux autres primates. Cette caractéristique morphologique n’a de sens que si on la relie au développement des capacités mentales de l’homme. Or, c’est le développement de ces capacités mentales qui a permis à l’homme d’accéder à ce que nous pouvons appeler un état civilisé. Certes, notre relation avec notre environnement diffère de celui que peut avoir un macaque ou un loup. Aussi, nous sommes différents d’un macaque et d’un loup, tant du point de vue de nos caractéristiques physiques que de notre comportement ou de nos capacités mentales. Quant à l’avantage sélectif de la civilisation, il me paraît évident. Le succès dans la lutte pour l’existence est, je me permets de vous le rappeler, la capacité à engendrer une descendance viable. Or, l’état de civilisation correspond à un accroissement de la population humaine. Sans cet état de civilisation, et plus encore sans la vie en société, les êtres humains seraient à la merci des conditions climatiques et des bêtes fauves, dans la plupart des cas dans l’incapacité de se nourrir. Les chances de survie de tout être humain seraient extrêmement réduites. Il me paraît donc très clair que l’état de civilisation constitue un avantage dans la lutte pour l’existence et que notre capacité à développer un tel état de société a émergé sous l’effet de la sélection naturelle, incluant des modifications physiques de l’homme. Reprenons le cas de la maitrise du feu, caractéristique humaine que l’on pourrait considérer comme une des premières étapes vers la civilisation. Si l’on suit votre raisonnement, cet état de civilisation aurait dû empêcher toute évolution humaine ultérieure, car il est indéniable que les bienfaits du feu ont soustrait nos ancêtres à beaucoup de vicissitudes, leur permettant d’échapper à la rigueur du froid, de consommer une nourriture plus tendre et moins corruptible, d’éloigner les prédateurs, de durcir la pointe de leurs armes de bois, etc. Or, je ne pense pas que ce soit le cas, au contraire. Par exemple, une nourriture plus tendre a permis l’apparition d’une mâchoire moins puissante. Vous m’objecterez que la maîtrise du feu ne définit pas la limite de l’état de sauvage ou de barbare à celui de civilisé. Je vous l’accorde. Mais pouvez-vous définir de manière objective cette limite, en deçà de laquelle l’homme aurait continué à évoluer et au delà de laquelle sont évolution s’arrêterait? Sincèrement vôtre, Charles Darwin
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