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André Loyer |
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Faut-il encore croire à la théorie de l'évolution? |
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Bonjour, Je suis foncièrement religieux. Je suis très intéressé à
comprendre les chemins qu'ont pris les penseurs qui acceptent la
théorie de l'évolution, qui n'est à mon sens, pas encore prouvée. Le chaînon manquant d'abord hypothétique demeure toujours inexistant. Ceux qui mettent la main sur des écrits de penseurs et de chercheurs mais qui ne sont pas au courant de la réfutation de leurs dires par la suite, pensent malheureusement être encore dans le vrai de la prétention de l'époque. Mais l'hypothèse demeure sans conclusion vérifiable jusqu'à ce jour. Donc il n'y a toujours pas de chaînon qui relierait l'homme à l'animal. Pourtant cette théorie continue de circuler et est adoptée par beaucoup de jeunes à qui on essaie d'inculquer que l'homme descend du singe. C'est horrible de continuer à utiliser ces fausses affirmations non prouvées, afin de maintenir les esprits dans une sorte de révolution permanente qui les éloigne de la Foi en un Créateur qui a créé l'homme en dehors du processus animal. Que dois-je penser de tout cela? Merci de me répondre. André
Donc vous dites que l'homme et le singe auraient un ancêtre commun? Et la bifurcation des ramifications vous l'expliqueriez comment? D'un côté on verrait une branche (l'homme) qui se développe indépendamment de l'autre (le singe, sans ressemblance à Dieu)? Et selon quel principe et à quel moment cela se serait-il fait? Le nom exact de l'ancêtre? Et les descendants mis en parallèle au XXIe siècle s'appellent comment? À lequel des singes vais-je considérer que nous sommes d'une même souche? Je vais m'asseoir devant lequel des animaux devant lequel je devrais faire la réflexion: «Bah mon vieux nos grands-parents avait prévu pour moi et pour toi une destinée différente... Regarde ce que tu es devenu et regarde ce que je suis devenu...»? Merci de me répondre! P.-S. : J'apprécie que vous ne soyez toutefois pas un athée. André Loyer Monsieur, Votre nouvelle lettre m'inspire deux réflexions: - Concernant votre affirmation de l'absence de ressemblance du singe et Dieu, je ne vois pas ce qu'elle vient faire dans une discussion sur la théorie de l'évolution et l'origine biologique de l'homme. La question est celle de la ressemblance de l'homme avec les grands singes (orangs-outangs, gorilles et chimpanzés), question que vous éludez soigneusement. D'un point de vue scientifique d'ailleurs, LE singe n'existe pas. Il existe DES singes. Plus généralement, la question de l'évolution des êtres vivants est d'ordre scientifique. Elle doit être discutée avec des faits, et non pas avec de pures spéculations. - Quant aux questions que vous me posez, qui portent surtout sur le développement des connaissances scientifiques aux XXe siècle et au XXIe siècle, elles ressemblent à des questions basiques pour étudiants en début de cursus scientifique. Je n'ai plus l'âge de passer des examens, et, pour ce qui est des questions spécifiques du XXIe siècle, ce n'est pas à moi, homme du XIXe siècle, d'y répondre. Cela ne veut pas dire que les réponses à vos questions n'existent pas. Après renseignements pris auprès de Dialogus, j'ai pu constater qu'elles se trouvent dans tous les manuels scientifiques sérieux traitant de la question. D'une manière générale, vous voulez discuter de l'origine biologique de l'homme alors que vous ignorez à peu près tous les travaux scientifiques de votre époque sur la question –sans parler de l'ignorance de mes propres travaux. Je vous conseille donc de lire quelques bons manuels sur le sujet. Vous y trouverez toutes les réponses à vos questions. Vous pourrez ensuite vous asseoir face à un chimpanzé et lui faire part de vos profondes réflexions (rien ne dit, d'ailleurs, qu'il ne sera pas en train de faire exactement les mêmes...) Cordialement Charles Darwin Bonjour Monsieur «Darwin», Je veux bien comprendre que nous dussions entrer dans des débats scientifiques pour prouver ce que j'avance... Mais pour l'instant je vous dirai que j'ai lu abondamment sur la question. Et la réflexion qu'il me reste, même si je ne passe pas encore par la «formulation» des termes scientifiques, demeure plausible et déduite de mes constatations... Quelles constatations? Que la théorie de l'évolution a du sens dans une certaine mesure, selon l'animal... L'homme n'y a aucun lien malgré les ressemblances, car il est de souche complètement indépendante. La réflexion profonde suite aux lectures de tout ce qui fut dit sur le sujet m'amène à penser que ceux qui croient à cette fameuse théorie n'ont pas vérifié et s'ACCOMMODENT de cette théorie invérifiable par pure complaisance. Peut-être pour se sentir «irresponsables», car le fait d'être homme est exigeant et sa morale de haut niveau. Ceux-là rejettent sur l'instinct l'explication de leurs attitudes. Bien des choses changent dans les comportements à partir de là. Bref pour l'instant, je dirais que l'on parle de la ressemblance de l'homme à l'animal. Et nous déduisons que l'homme est un «animal» lui aussi et forcément qu'il y aurait ancêtres communs: raisonnement imaginé au préalable que l'on s'est dit «pouvoir prouver» par la suite. Nous n'avons jamais fait la remarque que ce n'est pas l'homme qui ressemble à l'animal mais que c'est l'animal qui lui ressemble d'apparence: mobilité, reproduction, organes des sens, adaptation obligatoire aux climats. De l'un à l'autre, de l'autre à l'un, nous voyons que le «règne animal» est commun aux deux, j'en conviens. Mais la souche commune n'a pas été prouvée ni, il va de soi, reconnue. Si vous voulez avancer des hypothèses j'entrerai dans votre débat, mais pour l'instant j'affirme que tout ce qui fut avancé pour tenter de «prouver» l'origine commune de l'homme et de l'animal a échoué. Le singe est encore le singe et ne sera jamais un homme. Les espèces hominées sur lesquelles les traités se sont penchés n'ont jamais été compatibles à la prolifération entre l'homme et l'animal: c'est l'une des plus belles preuves. Merci de m'avoir répondu et de me répondre encore. André Loyer Monsieur, Je voudrais bien continuer cet échange de courrier, à condition qu’il ait de l’intérêt. Le problème est que, dans tout ce que vous me dites, je ne vois guère matière à discussion. Je note dans votre lettre trois catégories d’arguments dont aucun ne relève de la discussion, mais de la rectification : - Première catégorie : les affirmations sans fondement scientifique, soutenues à l’encontre des évidences. Dans cette première catégorie, je place les affirmations du genre : «L'homme n'y a aucun lien malgré les ressemblances. car il est de souche complètement indépendante.» Comme vous le reconnaissez vous-même, les faits scientifiques objectivement constatés sont en faveur d’une origine commune de l’homme et des autres animaux. Comme vous n’avez aucun argument scientifique montrant que ces ressemblances sont trompeuses, nous devons scientifiquement conclure à l’origine commune des hommes et des animaux. Vous reconnaissez d’ailleurs que le règne animal est commun aux deux. Donc, selon vous, tous les faits sont en faveur d’une origine commune aux hommes et aux animaux. Malgré tout, tout en reconnaissant cette évidence, vous vous entêtez à prétendre que l’homme a une origine distincte, sans avoir aucun argument scientifique en faveur de ce que vous prétendez. Dans ces conditions, je ne vois pas l’intérêt qu’il y a à continuer cette discussion (je ne vois d'ailleurs pas ce qui vous gêne dans l'idée de cette origine commune). - Deuxième catégorie : les erreurs logiques grossières. Dans cette catégorie je range votre argument : «ce n'est pas l'homme qui ressemble à l'animal mais c'est l'animal qui lui ressemble d'apparence». La ressemblance étant une relation totalement symétrique, il est logiquement absurde de prétendre que l’animal ressemble plus à l’homme que l’homme ne ressemble à l’animal. -Troisième catégorie : les erreurs scientifiques grossières. Dans cette catégorie, je range tout d’abord l’affirmation : «Le singe est encore le singe et ne sera jamais un homme.» Je vous ai expliqué dans mon premier courrier que c’est une caricature que de dire que ma théorie prétend que l’homme descend du singe. Dans ma deuxième lettre, je revenais sur cette discussion et vous précisais que parler DU singe n’a aucun sens d’un point de vue scientifique. En effet il existe DES singes et non pas UN singe. Il faut croire que vous n’avez pas lu ou pas compris mes courriers précédents, puisque vous vous entêtez à parler DU singe qui se transforme en homme. Je place également dans la catégorie les erreurs scientifiques grossières la phrase suivante : « Les espèces hominées sur lesquelles les traités se sont penchés n'ont jamais été compatibles à la prolifération entre l'homme et l'animal. C'est l'une des plus belles preuves. » Par cette formulation, peu claire, je suppose que vous entendez que le fait que les hommes ne soient pas interféconds avec les autres animaux prouve qu’ils n’ont pas une origine commune. Or, que les hommes et les singes ne soient pas interféconds prouve simplement que les singes ne sont pas les hommes (et réciproquement). Ça ne prouve en rien qu’ils n’ont pas une origine commune. De la même façon, le fait que les chiens et chats ne se reproduisent pas entre eux prouve simplement que les chiens ne sont pas des chats et que les chats ne sont pas des chiens, constatation que l’on peut faire avec du simple bon sens. Le fait que les singes et l'homme aient un ancêtre commun n'entraîne en rien le fait qu'ils doivent pouvoir se reproduire entre eux. A partir du moment où l'homme diverge du rameau des autres singes, il n'y pas de raison de supposer qu'il soit interfécond avec eux. J'ai traité du principe de divergence dans caractères dans L'Origine des espèces, et il est illustré par un diagramme (le seul de l'ouvrage). Je vous renvoie donc à mon livre pour une explication plus détaillée de ce principe. Incapables de réfuter mes arguments, les tenants d'une origine distincte de l'homme les ignorent -ou feignent de les ignorer- et n'ont d'autre attitude que de présenter de ma théorie que des versions fausses et caricaturales. Dans ces conditions, je ne vois pas tellement l’intérêt de continuer une telle discussion. Cordialement, Charles Darwin |
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