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Cher Charles,
Je me permets de vous écrire en espérant que vous recevrez
cet e-mail. Après un joli voyage à travers les Andes, je me suis arrêtée
quelques jours à Quito.
Lors d’une réception qui a eu lieu, j’ai entendu
parler d’un certain Darwin qui parcourait le monde sur le «Beagle», bateau qui
appartient à la reine Victoria.
Ce scientifique aurait accosté sur des
îles éloignées de près de mille kilomètres. Quelle ne fut pas ma surprise
d’apprendre que mon voisin et ami d’enfance se trouvait non loin de Quito! J’ai
décidé alors de prolonger mon séjour et me suis rendue à Guyaquil. J’ai loué un
voilier et engagé des marins sur le port afin de venir vous rendre visite. Après
quelques jours de traversée, plusieurs îles me sont apparues. Où étiez-vous?
Aucun bateau à l’horizon! Cependant ma curiosité m’a poussée à visiter une de
ces îles. C’était incroyable, d’énormes tortues mangeaient des cactus; que
d’oiseaux, que de végétation, que de magie!
Il faisait très chaud mais
c’était un spectacle magnifique, si magnifique que rien ne pouvait m’arrêter…
Chaque île cachait un trésor si beau! Goélands fous à pattes rouges ou bleues,
otaries -et même, une nuit, j’ai dormi sur une île sur la terre de laquelle des
lézards jaunes se promenaient.
Au bord de l’eau, d’autres petits dragons
dormaient sur les rochers. Étaient-ce des iguanes? Tous ces animaux reptiles,
tous ces oiseaux ne semblaient pas avoir peur. N’y avait-il donc pas de danger?
Comment la faune et la flore ont-elle pu se développer sur ces
îles? J’aurais tellement voulu partager mes interrogations avec vous! mais je
suis obligée de retourner à Guyaquil, non sans tristesse. J’ai encore une
question: avez-vous vu la boîte aux lettres sur l’île d’Espanola? J’ai hésité à
vous poster une lettre mais je trouvais préférable de vous envoyer un
e-mail.
J’espère que vous lirez vite cet e-mail.
J’espère qu’un
jour nous pourrons partager cette aventure et que vous répondrez à mes
questions.
Avec toute mon amitié.
Votre fidèle
amie,
Maëlle
P. -S.: Il y avait un oiseau avec un drôle de bec,
ne serait-ce pas un pinson?
(projet scolaire collège Tivoli)
Chère Maëlle,
Il doit y avoir un malentendu, car si j’ai bien séjourné
sur les îles Galápagos lors du voyage du Beagle,
c’était il y a près de trente ans maintenant, entre
le treize septembre et le vingt octobre 1835. Il n’est donc pas
étonnant que vous ne m’y ayez pas trouvé. Le Beagle
était affrété par l‘Amirauté, mais
c’était avant l’accession au trône de la reine Victoria,
sous le règne de Guillaume IV.
Les oiseaux dont j’avais capturé quelques spécimens sont
effectivement des pinsons. Je vous félicite pour vos
compétences ornithologiques, supérieures aux miennes, car
lors de mon séjour aux îles Galápagos, je n’avais
pas remarqué que ces oiseaux étaient tous des pinsons;
c’est l’éminent ornithologiste John Gould qui me l’apprit
après mon retour, à partir de l’examen des
spécimens que j’avais rapportés.
Sincèrement vôtre,
Charles Darwin
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