L'école (2) |
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| Cher Charlemagne, Je fais une recherche sur l'invention de l'école et j'ai un grand besoin de votre aide car comme tout le monde le sait , c'est bien vous l'inventeur en chef, non? Donc je voudrais savoir la date exacte de cette invention et le pourquoi. Merci de votre compréhension au plaisir de vous écrire, Dame Marie |
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| Anno Dominice incarnationis DXXXIII XII Kalendas maius Karolus, par la Grâce de Dieu, roi des Francs et des Lombards, patrice de Rome, par la plume de son scribe Eginhard, déclare: Décidément, mon peuple semble obnubilé par cette récente institution qu'est l'école palatiale. À vrai dire, je ne suis pas à proprement parler l'inventeur de celle-ci, c'est surtout ce cher Alcuin qui a compris la nécessité d'une telle institution afin de m'entourer de gens instruits et compétents. Notre Mère l'Église est l'instigatrice de tout cela: il y a déjà de cela plusieurs siècles elle s'est occupée de la prédication et de l'instruction, notamment pour former ses prêtres. On peut même faire remonter l'école bien plus loin! Ne vous souvenez-vous pas de nos ancêtres Romains et des Grecs? De ces gymnasii où la philosophie régnait en maître, nous sommes passés sous les Romains aux écoles où les esclaves enseignaient aux élèves le latin et le grec, la rhétorique, la grammaire, la culture... Comme vous pouvez le constater, ce n'est pas d'hier que datent les institutions scolaires, je n'ai fait que leur donner un nouvel élan, un nouveau visage, dans notre Francie naissante car ces écoles antiques ont quasiment disparu. Ceci est nécessaire pour préparer la cité de Dieu sur Terre et relever le niveau intellectuel et moral. Il fallait multiplier ces écoles, souvent situées dans des monastères, normaliser leur enseignement et l'ouvrir aux laïcs. Je vous invite à ce sujet à vous renseigner sur le contenu de mon Admonitio Generalis qui consacre plusieurs de ses chapitres à ce sujet... Pour résumer je dirais qu'il faut que dans le palais s'ouvrent des écoles capables d'enseigner les rudiments linguistiques, administratifs et religieux à tous les laïcs qui seront amenés par la suite à diriger mon empire! Mais j'essaie aussi de pousser l'ouverture des écoles dans les cités et même dans les campagnes. Les écoles permettent également la diffusion du recopiage de manuscrits anciens et de sauver l'apport antique et nos bibliothèques. Maintenant, quant à te donner une date exacte pour ce qui est de sa formation telle que nous la connaissons aujourd'hui, je n'en serais pas vraiment capable pour toutes les raisons que je viens de te donner: je ne fais que remettre au goût du jour une institution antique. Voilà, j'espère avoir répondu à ta requête et aussi que l'on viendra plus m'importuner avec ce sujet scolaire qui ne mérite pas, ma foi, plus d'explications que celles que je viens de fournir... Respectueusement, K. |
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| Cher Charlemagne, Je me suis malheureusement mal exprimée dans ma dernière lettre, ce que je voulais dire était à quel endroit votre institution a-t-elle été construite (la vôtre). Merci encore. Dame Marie |
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| Anno Dominice incarnationis DXXXIII VII Idus maius Karolus, par la Grâce de Dieu, roi des Francs et des Lombards, patrice de Rome, par la plume de son scribe Eginhard, déclare: À présent je comprends en effet un peu mieux ce que tu voulais dire. Eh bien à vrai dire mon éducation fut celle que l'on donna, jusqu'à aujourd'hui, aux jeunes gens de la cour, surtout lorsqu'ils sont amenés à assumer à l'avenir le destin glorieux que leur naissance leur a confié. Personnellement, je n'ai jamais su lire ou écrire, peut-être parce que je n'ai compris que trop tard l'intérêt d'une telle tâche? En tout cas, je n'ai de cesse aujourd'hui d'initier mes enfants et mes petits-enfants, aux arts libéraux et à la lecture, ce dont je n'ai pu bénéficier. Dans ma jeunesse, j'ai appris le maniement des armes, à monter à cheval, à chasser et j'avoue avoir beaucoup ri et goûté aux joies que la nature offre et que l'homme ne peut refuser: femmes, vin et autres ripailles. Cela te donne peut-être une image un peu barbare de ma personne, mais il ne s'agit pas non plus de m'inventer un passé qui ne serait pas conforme à ce que j'ai vécu pour embellir mon image. Mais peu importe, ne me juge pas sur ce que je fus mais sur ce que je suis et ce que je serai à l'avenir: souvent mon esprit m'a aidé, pour administrer mon empire et dans mes guerres et à défaut d'une solide éducation, j'ai reçu de Dieu les valeurs de la vertu, du courage, de l'ambition et de la ruse... Respectueusement, K. |