«Il n'y a rien de mieux que ce que les Français font de bien, et rien de pire que ce qu'ils font de mal». ( Benoit XII 1675-1758) |
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| Bonjour mon bon Roi, Il n'est pas dans mes usages de m'adresser à un personnage aussi illustre. Sache que je suis plus à l'aise à besogner la terre de ton empire qu'à échanger correspondances et missives. Nonobstant, il est une chose qui a tourmenté tes sujets jusqu'à cette fameuse nuit du 4 août 1789 où le droit des Fuies et des Colombiers est aboli, et ce, au même titre que le droit de la Chasse et des Garennes. Oui mon bon Roi, malgré ta grandeur, ton esprit visionnaire et fédérateur (Européen avant l'heure) c'est sous ton règne que l'élevage des Pigeons devient privilège nobiliaire. Dès lors, les châteaux, les abbayes, les fermes seigneuriales possèderont ce que l'on appelait à l'époque une Tour à Pigeons. Le qualificatif de pigeon pour un contribuable qui règle ses impôts remonte-il de cette époque? Le rendement agricole n'était pas ce qu'il est aujourd'hui et le labeur de tes sujets en était d'autant plus pénible. La productivité d'une graine de céréale plantée de nos jours peut être de 1 à 45/50, jadis de 1 à 3 selon la terre et la région. En plus de la pauvreté des sols nous n'avions pas besoin des oiseaux!!! Etre roi des Francs et Empereur d'occident n'est pas une tâche facile, mais comment n'y as-tu pas pensé? Est-ce une étourderie? L'étourderie serait-elle une habitude chez les rois Francs? Un de tes prédécesseurs le roi Dagobert n'avait-il pas déjà mis sa culotte à l'envers? Outre tes dévoués sujets, les épouvantails à moineaux. Oui parlons-en des épouvantails, vigies fidèles à leurs engagements ils ont été les premiers exposés aux fléaux des guerres et aux intempéries sans parler des plaisanteries douteuses des jeunes filles cherchant à perdre le ruban qui leur noue les cheveux. Pourtant, l'épouvantail est politiquement correct, il a su traverser tous les régimes. Catholique ou protestant, royaliste ou républicain, de gauche ou de droite, «colombe ou faucon», nul ne sait, toujours est-il qu'il a connu les jacqueries du moyen âge et les jugements d'animaux, pas d'épouvantail, les invasions, les guerres et les famines pas les anathèmes, la terreur sous la révolution où tout ce qui représentait un symbole religieux ne serait-ce que de par sa forme était soupçonné, il fut épargné du fauteuil de la Nation (la Guillotine). L'épouvantail est oublié de tous, l'ONU l'ignore, l'UNESCO s'en moque, l'OCDE le sous-estime, la PAC s'en amuse, la Cour européenne des droits de l'Homme ne s'y intéresse pas. Volontairement négligé par le traité de Maastricht au profit de Choses probablement plus subtiles il est donc décidé qu'il n'aura jamais sa place ou son boulevard, son école, sa bibliothèque ou son porte-avions. Sacrifié sur l'autel des quotas agricoles il ne reste aux yeux de nos princes et gouvernants qu'un fantôme anorexique de l'intelligence, ne suscitant pas même la pitié du conseil oecuménique des églises; pas une âme charitable au Saint Siège pour la défense de ce branquignol de la déglingue. Malgré toutes ces longues périodes de fidélité au monde paysan il ne fut jamais nommé Docteur honoris causa, prix Nobel ou plus simplement médaillé du «poireau» du 7 juillet 1883 portant création de l'ordre du mérite agricole. Son statut est-il définitivement scellé? Que penses-tu faire pour corriger les erreurs du temps passé? L'histoire te juge! Mes amitiés à Fastrade de Franconie, bien cordialement. Christian Lanchon |
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| Anno Dominice incarnationis DXXXIV XVI Kalendas octobris Karolus, par la Grâce de Dieu, roi des Francs et des Lombards, patrice de Rome, par la plume de son scribe Eginhard, déclare: Je suis déjà assez surpris que tu te trompes sur ma titulature, ne suis-je plus roi mais empereur par la Grâce de Dieu! Qu'on s'en souvienne! Heureusement que les doigts de la subtilité viennent caresser de suite mon auguste personne, dès la suite de ta missive où ma vexation m'aurait certainement empêché de te répondre, mais tu oublies bien vite les commodités... Tu n'est pas le premier à venir me parler en utilisant des dates erronées, Alcuin mon fidèle en a déduit qu'il s'agissait très certainement d'un calendrier différent du nôtre, ce qui expliquerait la date de souvent très supérieure à celle que nous connaissons aujourd'hui. Par conséquent j'ai décidé à présent, dès que possible, de ne plus en tenir compte et essayé de me renseigner sur vos coutumes, votre civilisation, ceci afin d'être à même de répondre à vos attentes. Venons-en donc aux sujets sur lesquels je suis apte à répondre et surtout, ceux qui méritent mon attention... Mon esprit est peut-être visionnaire, je l'espère mais seul l'avenir nous le dira! En tout cas, il est certain que j'ai voulu cet empire comme fédérateur, c'est-à-dire comme le Royaume de Dieu sur terre, tel qu'avaient voulu le faire avant nous nos illustres aïeux romains. Quant aux pigeons, certes j'aime à croire que leur intérêt est d'ordre en matière de chasse, mais je ne comprends pas le rapprochement avec le contribuable et notre peuple? Comparer mes sujets à ces volatiles me paraît bien irrespectueux de ta part. Nous ne nous permettons pas de juger les gens de ton pays, évite de te montrer trop prompt à faire de même avec les sujets de l'empire! Tes digressions maladives à propos de l'économie rurale de mon empire me laissent perplexe: l'empire produit suffisamment pour nous permettre de nous imposer face aux païens et aux chines qui ne reconnaissent pas encore la Grandeur du Christ! Cela est bien suffisant. Dois-je te rappeler que mon empire possède les terres les plus riches d'Occident, de la Neustrie au Pô? Dis-moi où se trouvent de terres plus riches et nobles que celles qu'ont foulées les pas des plus grands généraux de l'Antiquité?! J'aime mes sujets car je le dois, c'est mon devoir, surtout ceux des campagnes qui représentent l'avenir d'un monde que je compte remettre à flots. Il reste des efforts à faire, c'est certain, et je m'y emploie, mais de là à douter de notre potentiel économique et notre force, j'en suis outré! Cela ne m'étonne guère, jeune freluquet, car tu te permets honteusement de salir mon image et de plus de m'associer avec les rois germains qui n'ont rien à voir avec mon empire et ce que je compte léguer à mes fils! Epouvantail? Si c'est la une métaphore déguisée pour venir encore s'attaquer à moi, je n'en ai cure, mais te mets en garde: ne te trouve pas un jour sur le chemin de mes hommes ou je te ferai passer l'envie de venir te mesurer au plus haut sujet de sa Divine Grandeur! Si je suis un épouvantail, c'est seulement pour faire fuir les païens de ton genre qui possèdent des têtes de chiens à la place de celles que Dieu leur a données. C'est pour faire fuir ceux qui méritent la mort ou la donner à ceux qui ne méritent pas de connaître la Parole Divine ou qui ne le veulent pas l'écouter. Je suis avant tout un pacificateur et un soldat de Dieu, veille à ce que tu ne te trouves pas sur mon champ de bataille ou l'épouvantail que je suis saura te corriger, avorton! Je ne te salue pas. K. |