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Nicolas
écrit à

Samuel de Champlain


Voyage à travers le monde


   

Cher Monsieur de Champlain,

Je souhaite vous écrire pour en savoir plus sur vous et sur votre passé.

Je sais que vous avez essayé d'aller en Chine par la mer du Nord, même si vous ne saviez pas où elle se trouvait, mais pourquoi aller en Chine? Et dans quel but?

Vous êtes explorateur, mais vous n'aimez pas les trajets en bateau car vous dites que c'est risqué. Alors, pourquoi continuez-vous à explorer ce monde à votre époque ?

Vous qui êtes navigateur, comment se fait-il que vous ne connaissiez pas le commerce maritime? Je sais qu'un voyage demande des mois de préparation comme pour le voyage en Nouvelle-France.

Vous qui avez exploré les colonies espagnoles d'Amérique, comment sont-elles?

Vous avez aussi été soldat en Bretagne, étiez-vous équipés comme aujourd'hui au niveau de la  protection et des armes?

Vous avez vécu tout de même soixante-huit ans, ce qui est bien pour un explorateur qui a parcouru du chemin, fait face à de nombreuses et dangereuses épreuves et surmonté différentes maladies; ce n'est que mon avis.
                     
Mes sincères salutations.

Cordialement,
             


Monsieur Nicolas,

Je ne suis pas d'accord quand vous dites que je ne connais point le commerce maritime: en tant qu'explorateurs, nous jouons un rôle important dans le commerce et, même si personnellement je ne me qualifierais jamais de commerçant, je ne peux ignorer la façon dont on commerce de par les mers et les océans et c'est d'ailleurs pour aider ce commerce que nous avons tâché de trouver la route la plus courte menant à la Chine. Je suis persuadé qu'il existe un passage tout droit vers là-bas en passant par la mer du Nord et je fis tout mon possible pour le trouver.

La vie d'explorateur est pleine d'imprévus et seul Dieu a finalement le pouvoir de nous mener à bon port et en vie. Pour autant et malgré les risques que j'encourus depuis la première fois où je suis monté sur le pont d'un bateau, je n'aurais rien changé à mon mode de vie et jamais la joie d'explorer de nouvelles terres n'aurait pu me quitter.

Vous dites vrai, un voyage jusqu'à la Nouvelle-France demande des mois et parfois même des années de préparation et c'est la moindre des précautions que nous puissions avoir pour espérer remplir notre mission. Les Indes Occidentales, puisque c'est d'elles que vous semblez parler, étaient occupées par une multitude de petites colonies à l'organisation moindre, comparée aux nôtres celle de Québec, par exemple, qui naquit bien plus tard. Il faut dire à leur décharge que les hivers sont là-bas moins rudes que par chez nous.

Je vois que vous connaissez mieux ma vie que moi qui ne me souviens jamais: auriez-vous par le plus grand des hasards jeté un coup d’œil à mes mémoires? J'ai effectivement été soldat en Bretagne pour quelques années en tant que fourrier, puis je pus grâce à mon courage et à mon travail devenir maréchal des logis. Je ne peux comprendre votre question, car je ne sais pas ce à quoi vous pensez en disant «aujourd'hui». Vous voulez certainement parler de votre temps, de celui d'où vous m'écrivez, mais moi je ne le connais point. Ce que je peux vous dire est que nous avions en tant que soldat une armure pour nous protéger ainsi qu'une épée que j'appris fort bien à manier durant ces années-là, mais jamais aussi bien que l'arc qui me fut fort utile lors de mes multiples rencontres ultérieures avec les sauvages notamment en Nouvelle-France. N'hésitez point à me décrire la façon dont vos soldats actuels sont équipés: je serais curieux de mieux connaître les évolutions de la guerre.

Très humble & affectionné serviteur,

Samuel de Champlain

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