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Joao
écrit à

Samuel de Champlain


Sur Samuel de Champlain


   

Sieur Samuel de Champlain,

Salut à vous, Samuel, je suis passionné par votre histoire. Je me nomme Joao et j'ai plusieurs questions à vous poser si vous me le permettez; c'est un devoir que l'on fait avec mes camarades de classe de mon collège.

Je voudrai savoir, en premier, ce que vous faites maintenant dans votre vie? Seriez-vous prêt à recommencer votre vie? Je sais que par le passé vous aviez fait plusieurs voyages dont le premier en Nouvelle-France. Quel est votre meilleur souvenir? Qu'est-ce qui vous a poussé à faire cela dans votre vie?

Et enfin, pour finir, quels sont vos autres exploits?

Sur ce, j'espère avoir une réponse; bonne continuation, que Dieu vous guide!

Joao


Monsieur Joao,

Bientôt notre Seigneur me rappellera auprès de lui; je l'espère dans longtemps, mais l'hiver s'annonce fort rude et je ne puis plus promettre à personne de lui survivre. En attendant que le destin divin ne s'annonce à moi, je tâche de continuer ce que je dois continuer, à savoir m'occuper de notre colonie. Vous n'êtes pas sans savoir que celle-ci ne cesse de croître, pour ma plus grande satisfaction je dois dire. J'occupe donc mes journées à recevoir toute personne souhaitant me rencontrer pour m'entretenir de toutes sortes de sujets; je m'occupe aussi d'écrire des rapport pour notre bon pays de France. En ce début d'hiver, les occupations ne manquent pas. Depuis mon retour en Nouvelle-France il y a de ça plusieurs mois déjà à bord du Don de Dieu, je n'ai eu de cesse malgré ma fatigue grandissante de veiller à la bonne marche de notre peuple et à l'entente nécessaire quoique délicate avec les sauvages. Néanmoins, quand le temps qui passe me le permet, je m'occupe de répondre aux courriers de vos contemporains comme je le fais présentement d'ailleurs.

Je ne parviens guère à saisir votre deuxième interrogation, car nous ne pouvons espérer vivre une seconde fois et Dieu se moque bien que nous ayons ou pas été satisfaits de notre existence; ainsi je ne me permettrai pas de répondre à cette question comme si j'en avais le droit, car ce n'est point le cas. Ma vie fut ce qu'elle fut et il n'en pourrait être autrement.

En effet, tout au long de mon existence j'ai voyagé en moult endroits et ce depuis mon plus jeune âge; je me permets néanmoins de vous apprendre que la Nouvelle-France ne fut point ma première destination. Avant elle, j'ai eu le loisir d'accoster aux Indes Occidentales qui se situent bien plus au Sud que là où je me trouve actuellement. Mon premier voyage en ces terres se fit en l'an 1603 en tant qu'assistant et cartographe de Sieur du Pont. Nous remontâmes en barque la grande rivière de Saint-Laurent ou, comme je l'appelais en ce temps, la rivière de Canada. Je ne puis vous dire aisément quel est mon meilleur souvenir quoique la construction de ce qui devint notre Habitation fait sans conteste partie des points cruciaux de mon existence.

Je serais tenté de vous dire que seule la main de Dieu a décidé de ma vie et de ce que j'en fis; j'ajouterai seulement que mon amour indéfectible pour la mer et la cartographie y sont pour beaucoup aussi. Je n'ai point d'exploits à vous conter car je ne nommerais aucune de mes actions comme cela. Certains vous diront qu'il fut très courageux de ma part de prendre part aux conflits armés qui eurent lieu avec les sauvages, mais je dirai simplement que je n'avais point le choix si je voulais assurer notre pérennité. Les blessures du corps ne sont rien si on sait pourquoi on les a méritées; toutes les flèches que je reçus en mon sein durant mes années sur ces terres ne sont que le juste prix de notre liberté.

Que Dieu vous garde, votre humble et affectionné serviteur,

Samuel de Champlain

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