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          Dialogus

Marguerite
écrit à

Samuel de Champlain


Nouveau voyage


   

Monsieur Champlain,

J'espère ne point vous déranger, mais j'ai une question à vous poser. Si vous deviez voyager de nouveau, où iriez-vous à présent?

Merci de m'avoir lue.


Que Dieu vous garde,

Marguerite


Mademoiselle Marguerite,

Si, par la volonté de Dieu, j'avais encore la possibilité de voyager, je m'efforcerais de poursuivre mon dessein qui fut toujours de trouver la mer du Nord par laquelle nous irions tout droit à la Chine. J'ignore comment fonctionne le commerce en votre temps mais du mien, les voies maritimes sont importantes. Cette route nous permettrait d'avoir un avantage non négligeable sur les autres nations. Il nous suffirait d'emprunter la Grande Rivière jusqu'à cette mer, ce qui serait un gain de temps considérable. Québec serait alors une place forte par sa situation géographique remarquable. En effet, nous sommes installés aux abords immédiats de la rivière du Saint-Laurent tout en étant abrités par le rétrécissement de ses eaux. Nous bénéficions aussi d'un formidable point de vue nous permettant de voir d'éventuels ennemis qui voudraient emprunter cette voie.

Jusqu'à présent, la route menant à la mer du Nord nous est inconnue. La grande rivière de Saint-Laurent se divise en deux voies au niveau de l'île d'Orléans, l'une allant vers le Nord et l'autre allant vers l'Ouest. En l'an mil six cent treize, nous avons entrepris une expédition sur les dires d'un de mes hommes, le sieur Nicolas de Vignau que j'avais confié en tant que truchement aux Outaouais. À son retour à mes côtés, il m'affirma avoir vu la mer du Nord en allant vers l'Occident. Nous prîmes la route sur la foi de ses déclarations mais nous ne trouvâmes rien. Cela fut une déception pour nous mais j'entrepris de continuer en interrogeant les Sauvages qui me semblaient être de meilleur conseil.

En l'an mil six cent quinze, nous repartîmes sur la même voie mais après avoir consulté les Sauvages sur la conduite à tenir. Nous poussâmes notre voyage plus loin que lors de notre précédente expédition. Nous atteignîmes les terres huronnes. Nous avions promis notre soutien aux Sauvages concernant le conflit qui les opposait aux Iroquois. Mais nous ne découvrîmes rien concernant la mer du Nord.

C'est maintenant à mes successeurs de trouver cette route.


C'est ainsi que je termine cette lettre en qualité de votre

Très humble et affectionné serviteur,

Samuel de Champlain

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