Vos mémoires |
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| Vos Mémoires d'Outre-Tombe,
vous les vouliez posthumes. À cause d'une sombre histoire d'argent, elles
furent publiées quelques années avant votre "mort". Mais
d'abord qu'est-ce qui pousse un homme à vouloir faire publier ses écrits
après son dernier souffle? Vanité? Un courant de mode peut-être?
En tout cas, c'était bien tenté.... Mohahahhahahahahahahahahahhaha! |
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| Le Cap Misène 8 vendémiaire
AN 209 Cher inconnu, Je les voulais "posthumes" en effet mais le ciel s'est chargé de surseoir à l'heure de ma libération... Mais en les lisant, vous trouverez la réponse que vous cherchez: posthumes, pourquoi? Votre dévoué serviteur, CHATEAUBRIAND |
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| Cher menuisier des mots, Effectivement, après lecture attentive : sans une publication posthume, et donc une certaine sacralisation, l'oeuvre en elle-même est trop vaine pour être appréciée. Sincèrement, S.M. |
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| Rome le 10 vendémiaire AN 209 Cher SM, Certes la diversité dans la production littéraire amène la diversité dans le goût et il est évident que vos inclinaisons ne sont pas pour la mienne! Nul ne peut être adoré de tous! Je ne sais ce que vous reprochez, au fond, aux Mémoires que vous qualifiez "d'oeuvre vaine". Chacun d'entre nous juge selon ses référents; et celui qui écrit, publie, prête le flanc à la critique... Sincèrement, CHATEAUBRIAND |
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| Illustre voyageur, Je vous donne raison: en littérature, seules les intentions peuvent être jugées, c'est pourquoi je vous poserais cette unique question: dans quel but avez vous écrit vos Mémoires? Sébastien M. |
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| Rome le 12 vendémiaire AN 209 Cher Sébastien M., Je suis né sous le règne de Louis le Bien aimé, quinzième de la dynastie de Hugues Capet. Mon destin croise des monarchies, des restaurations, une république, un directoire, un consulat et un empire! J'ai visité l'ancien et le nouveau monde, assisté à la naissance de la République fédérée des États Unis d'Amérique. J'ai rencontré Mirabeau, Mdm de Staël, Malesherbes, Louis XVI, Charles X, Louis XVIII, Napoléon Bonaparte, Le Prince de Metternich etc... Je suis écrivain, ministre d'état, ambassadeur, académicien, Pair de France, journaliste, pamphlétaire et voyageur. Avouez qu'il ne s'agit point ici d'une vie, mais d'une épopée! Je me sens témoin de ces jours où tant d'évènements se sont déroulés et je ne peux me taire. Et puis égoïstement, je crois aussi chercher dans quelques heures heureuses du passé, le baume nécessaire à mon coeur malade du présent. Bien sincèrement, CHATEAUBRIAND |
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| Merci pour ces explications, qui confirment
mes doutes. Que d'auteurs ont narré l'histoire des rois, l'effondrement d'empires,
l'érection de républiques, l'apparition et l'extinction de courants
de pensée, sans placer égoïstement le je au centre de leur discours. De gustibus y coloribus non disputandum, je ne critiquerais donc plus votre fresque autoglorifiante. Bonsoir. Sébastien Molière |
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| Vendémiaire AN 209 Cher épistolier, Superbia peccatum est, Deus me remittet! CHATEAUBRIAND |
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| Cher CHATEAUBRIAND, Incurable mégalomane, votre personne ne saurait mériter une rémission divine! Quelques centaines de pages, apothéose d'une vie sans vrai but, dans un siècle où pourtant injustices, criantes souffrances et malheurs collectifs auraient pu laisser prévoir un engagement, une remise en cause de soi. Mais quelques centaines de pages dans lesquelles hurle "je"... Sincèrement, Sébastien Molière |
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| Rome le 30 vendémiaire an 209 Cher Molière, Je pensais notre échange épistolaire clos. Vos courriers successifs me donnent l'impression d'une différence de forme mais point de fond! D'où vient cette pointe de harcèlement? Vous écrivez vous-même, mais vous avez du mal à être édité? Pourtant vous portez un patronyme célèbre s'il en est!!! Êtes-vous de la famille de l'illustre Jean-Baptiste? Votre obligé, CHATEAUBRIAND |
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| Boudin le 2 vendémairde an 2001 Cher Monsieur Chateaubriand, C'est en effet, vous êtes tout à fait perspicace, un harcèlement épistolaire auquel je me livre. Vous pensiez notre discussion close? Je suis désolé de vous contredire par les faits, mais j'obéis à un principe élémentaire dit "du dernier mot". Toute réponse de votre part entraînera donc l'envoi d'une de mes lettres, car il me semble que l'attitude saine face à une critique subjective serait de ne point répondre, et d'accepter les reproches. Par exemple, si je vous dis "je n'aime pas ce que vous faites" (confère mes deux dernières missives), je pense que seul un Chateaubriand peut trouver quelque chose à répondre. Ce qui motive donc pour vous réécrire. Bonsoir. Sébastien Molière ( je conserve de Mr Poquelin au moins l'éternelle envie de critiquer les futiles ) |
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| Livourne le 3 Brumaire AN 209. Cher Molière, Ainsi donc vous n'êtes en aucune façon parent de l'illustre MOLIÈRE! Mais vous ne dites rien sur vos talents d'écrivain? N'y a t-il rien à en dire? Vous critiquez les futiles, je les fuis cher monsieur, vous écrivez, je réponds, politesse; voilà un principe élémentaire! Mais cessons là! Je vous cède la scène, non pour y briller, les chandeliers sont soufflés, mais pour y finir. Tel votre illustre homonyme en jouant "Le malade imaginaire". Adieu Monsieur, CHATEAUBRIAND |
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| Je n'ai pas la prétention d'être
écrivain, cher monsieur, mais votre attention me flatte. Me laisser le dernier
mot? Mettre le point final à l'épilogue? Déclamer les dernières
paroles avant que la magie s'éteigne, que les gens rentrent chez eux? Vous
me cédez la scène pour l'ultime révérence ? Mais je serais
fou et égocentrique d'accaparer les dernières secondes avec ma pauvre
plume, je vous accorde donc la tension finale, les spectateurs accrochés à
vos lèvres, attendant votre phrase, la seule qui vaille la peine d'être
retenue de vos Mémoires: Lorsqu'on regarde sa vie passée, on croit voir sur une mer déserte la trace d'un vaisseau qui a disparu. |
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| Monsieur Sébastien Molière, Je me permets d'intervenir dans cet entretien pour vous rappeler que les invités de Dialogus ont accepté de répondre aux questions de nos lecteurs... pour peu que leurs questions soient constructives et respectueuses. Or je remarque que vos dernières interventions ne sont pas des questions, semblent peu constructives et moins encore respectueuses. Monsieur de Chateaubriand ne s'en est pas plaint à ce jour et je salue ici sa patience. Mais je ne voudrais surtout pas qu'il remette en question sa présence parmi nous. Aussi vous demanderai-je... respectueusement de bien vouloir mettre un terme à ce qui ressemble fort à un cynisme que vous avez le droit d'entretenir mais le devoir, il me semble, de n'entretenir que parmi vos proches. Je vous remercie de comprendre que nous privilégions la jouissance collective à la jouissance individuelle. Bien à vous, Sinclair Dumontais Éditeur |
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| Aaaaaaaaaaah! L'intervention divine! Une fois de plus, elle arrive. Cependant aujourd'hui ce n'est pas avec les habituels visions et foudroiements que le divin nous parle, mais avec une lettre! Notable progrès... Mettre un terme à mon cynisme? Mais comment donc, cher monsieur Dumontais, vous reniez aujourd'hui ce que vous m'avez dit hier? Lorsque, par les voies habituelles de la pègre vous faisiez appel à moi pour augmenter l'audimat de Dialogus? Lorsque je fus convoqué à votre table ronde, encadré par vos deux molosses et prié de créer l'événement, de déclencher la polémique, je cite "par tous les moyens", je me doutais, grâce à ma longue expérience de mercenaire, qu'un jour tel qu'aujourd'hui arriverait. Mais tout cela vous dépasse et s'échappe de votre emprise, le fauteuil de maître de l'univers que vous convoitiez depuis l'origine s'éloigne à mesure que mes agissements perdurent. Vos dollars blanchis ne m'intéressent pas, seule la vérité compte désormais, et je prédis que mon sacrifice final ne sera pas vain..... Cela dit, je me rend compte que vous avez fait des efforts au niveau budgétaire, bien que ce soit encore insuffisant. En rajoutant un peu de bonne volonté et quatre zéros, il pense que nous pourrons parvenir à un accord profitable à tous. Bien à vous, Sébastien Molière, pourfendeur de complot et grèveur de budget |
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| Monsieur, Votre lettre est fort amusante. Merci de nous distraire. Sinclair Dumontais Éditeur |