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Nouvelle Juliette |
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Monsieur de Chateaubriand, |
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François
René de Chateaubriand |
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Rome, Le 8 Brumaire AN 213. Chère Juliette, Le voyage et la rencontre des
lecteurs sont autant nécessité que passion pour l'auteur; les mots, une fois
couchés sur le papier, ne lui appartiennent plus. N'ayez point trop de
jalousie à l'égard des rencontres de voyage, elles ne sont que faibles
étincelles dans les lointaines nuits, éphémères chandelles, elles n'ont
jamais l'intensité ni la portée du phare. Celui qui guide sur le chemin du
retour, du coeur, de l'amour. Et elle est bien là votre revanche, l'écrivain
génial ne finit-il pas toujours par revenir? Sans sa muse, le plus talentueux
des génies n'est que matière en perpétuelle ébullition! C'est elle qui trempe
la plume dans l'encrier, elle est à la fois Hestia et Artémis veillant. Soyez cette inspiratrice chère
Juliette! En outre et sans vouloir vous
faire aucunement offense, il n'y aura jamais pour moi qu'une seule
Juliette... Bien à vous, CHATEAUBRIAND |