Bonapartisme |
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| Monsieur le Vicomte, Pourriez-vous préciser un peu le rapport que vous établissez au bonapartisme. Anti-révolutionnaire convaincu, vous étiez hostile à l'homme de Brumaire, mais les mauvaises langues racontent que votre GÉNIE DU CHRISTIANISME fut une pièce majeure sur l'échiquier idéologique impérial. Qu'en est-il? Éloi Morin |
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| Naples 8 vendémiaire AN 209 Cher Mr Morin, Nul rapport ne me lie au Bonapartisme. Nul rapport entre l'assassin du petit fils du Grand Condé, le tortionnaire de PIE VII et votre serviteur! Anti-révolutionnaire dites-vous? Oui dans ce que la révolution a de plus barbare : des têtes au bout de piques, les pavés de la place de la Concorde rougis par les flots de sang! Hostile à "l'homme de Brumaire"? oui encore une fois, car nul n'est plus haut, hors Dieu, que la loi des hommes. Oui car le despotisme et une forme de gouvernement autoritaire et plébiscitaire ne convient pas à notre pays. Napoléon fut un génie militaire et un fin politique, l'empereur l'a étouffé! J'ai dédié la seconde édition du Génie au premier consul parce qu'il a relevé les autels renversés par des athées sanguinaires. Cette oeuvre était pour restaurer la religion; que l'idéologie impériale s'en soit emparé ne peut m'être reproché. Par un calcul froid dont il était coutumier, Bonaparte a pris toute la mesure de la relative popularité de mon ouvrage lors de sa publication. Pour conclure je vous livre la seule ligne politique que je n'ai jamais eue: je suis républicain par nature, monarchiste par raison et Bourbonniste par honneur. Bien à vous, CHATEAUBRIAND |