Les Romantines
écrit à

   


Jules César

     
   

Un dieu qui n'est pas en odeur de sainteté

   

 

Ave Caesar! Nous voudrions bien t'écrire en latin mais l'une d'entre nous a essayé une fois de dire une phrase dans cette langue à notre professeur de français qui lui a simplement répondu: «Cicero, si hoc audiret, in sepulchro volveretur (1)» (ou quelque chose comme ça).

Voici pourquoi nous nous adressons à toi: ce professeur de français, justement, tout émoustillé d'avoir des jeunes filles sous sa férule, s'amuse à nous scandaliser en nous racontant n'importe quoi. Sa dernière invention, c'est que chez les Romains il existait un dieu pour absolument tout, et jusqu'à un dieu pour les pets, le dieu Crepitus. Tout de même! D'après lui, chaque fois qu'un tel bruit se faisait entendre, c'était l'oracle du dieu; si quelqu'un avait laissé échapper une phrase imprudente à ce moment-là, elle risquait de se réaliser, et pour cette raison il fallait toujours prononcer une parole de bon augure.

Tu es grand pontife, tu dois donc connaître la situation. As-tu jamais entendu parler d'un dieu Crepitus? On imagine les cérémonies, avec le grand prêtre lançant un appel et la foule le reprenant en... coeur. Dis-nous la vérité, que nous puissions répondre à notre professeur qu'il ne faut pas nous prendre pour plus naïves que nous sommes.

Si vales, bene est, nos valemus. Enfin c'est une façon de parler: en 2007 (2) tu n'as plus l'occasion de te porter ni bien ni mal.

Anne, Aurélie, Betty, Claire, Daphné, Évita, Florence, Gabrielle, Ingrid, Kassey, Mélusine, Pyrène, Séverine, Utopia Élèves au Lycée de jeunes filles de Romorantin


Avete, puellae,

César apprend avec surprise que les jeunes filles vont à l'école dans votre époque, en 2070 (ab urbe condita) et qu'un homme s'occupe de leur éducation.

O tempora! O mores!

César sait bien que tous ces petits dieux existent, mais, en sa qualité de grand pontife, il ne s'occupe que des grands dieux de la cité, la religion d'État, et non de toutes ces petites divinités qui servent de support à la grande superstition de ses concitoyens, la religion populaire. Quant à la religion de César, c'est celle des philosophes, avec toute la distance qu'il met par rapport à toutes ces croyances.

Valete, uos qui uiuae estis!

Caius Iulius