Joseph
écrit à

   


Jules César

     
   

Sertorius

   

Ave Caius Julius Cæsar,

J'aimerais t'interroger sur un sujet (en l'occurrence un personnage) qui me tient à cœur. Il s'agit de Quintus Sertorius, qui a mené la révolte ibérique contre la république décadente une vingtaine d'années avant ta victoire à Alésia. Cet homme était cousin de ton oncle Marius et tous deux étaient proches, politiquement. Pourtant, Pompée, avec qui tu as entretenu des rapports cordiaux durant longtemps, lui a fait une guerre impitoyable. Pourrais-tu m'indiquer, si tu en trouves le temps, quel est ton avis sur la question? Sertorius avait-il tort d'entrer en conflit contre les héritiers ultra-conservateurs de Sylla, dans le seul but de rétablir la justice et la démocratie dans le monde romain? Et quelles ont été tes actions à l'époque? Bien que tu ne fusses guère encore le grand homme que l'on connaît actuellement, le problème a bien dû t'intéresser.

Merci de ta réponse et reçois mes sincères salutations.


Ave,

Oui, César a suivi avec intérêt l'ascension de Quintus Sertorius et sa mort (César avait alors vingt-huit ans). La république libre d'Espagne préfigure la révolution de l'empire, indispensable pour transformer l'exploitation du monde par les aristocrates de la municipalité romaine en un ensemble politiquement cohérent, doté d'institutions à sa mesure.

Mais César admire aussi le magnifique outil militaire forgé par Sertorius; près de vingt ans après sa mort, les officiers formés à son école encadraient les Aquitains qui mirent en difficulté le jeune Crassus, sur les rives de l'Atur.

Vale

Caius Iulius