Thierry
écrit à

   


Jules César

     
   

Quelques questions sur la religion romaine

    De Thierry à C. Julius Caesar. Dictator, Imperator, Pontifex Maximus, Ave!

Je t'écris de la cité de Reims (Durocortorum), ancien oppidum principal des Remis.

J'espère, ô divin Caesar, que cette nouvelle missive de ma part te trouvera en bonne santé. Lors de ma lettre où je te décrivais la Gaule, devenue la France à mon époque, je te faisais une brève description des contrées qui sont à ses frontières. En me relisant j'ai vu que j'avais oublié un pays, l'Helvétie, que l'on nomme «la Suisse», et qui est devenue une République avec presque les mêmes frontières que tu as connues, lors du début de la Guerre des Gaules.

Je vais maintenant m'adresser au Pontifex Maximus, pour quelques questions sur la religion de Rome. Il y a le Rex Sacrorum et les quinze Flamines, plusieurs Collèges religieux: (Augures, Fétiaux, Frères Arvales, Luperques, Pontifes, Quindecimvirs et les Saliens) puis enfin… les Haruspices. Quand il est élu dans un collège, est-ce que le promu doit y rester jusqu'à sa mort ou peut-il en changer au cours de son sacerdoce?

En tant que Pontifex Maximus tu nommes les quinze Flamines et tu choisis les futures Vestales. Quelles sont les critères précis pour que tu nommes et choisisses un nouveau Flamine ou une nouvelle Vestale? D'après ma documentation, tous les grands collèges religieux et leurs prêtres étaient concentrés dans Rome. Qu'en est-il dans les cités et les campagnes éloignées de Rome, y a-t-il aussi des prêtres? Sinon, qui préside les cérémonies religieuses?

Il paraîtrait que bon nombre de cultes étrangers (surtout orientaux) commencent à avoir de l'influence dans Rome: qu'en penses-tu, en tant que Pontifex Maximus?

Voilà pour les questions, ô Caesar. Puisse Fortuna continuer à te guider et te protéger.

Vale

Thierry


Ave,

César est Grand Pontife, mais n'est pas un spécialiste de la religion, en laquelle d'ailleurs il ne croit pas. Les membres du collège des pontifes, dont César a porté le nombre à seize, le sont à vie. Dans les colonies de peuplement romain, tout fonctionne comme à Rome en modèle réduit. Ailleurs, les peuples ont leurs superstitions et croyances, mais ce qui compte parmi eux se rallie à nos cultes à mesure qu'ils rejoignent notre civilisation.

Quant aux cultes «étrangers», j'en connais beaucoup mais je n'en vois aucun qui soit comparable à celui des grands dieux de Rome.

Vale

Caius Iulius


De Thierry à C. Julius Caesar. Dictator, Imperator, Pontifex Maximus. Ave

Je te remercie pour tes réponses, ô divin Cæsar. Je m’excuse de te répondre si tard, j’ai eu quelques petits ennuis de santé.

En lisant un document sur ta campagne en Gaule, j’ai vu que parmi les légats qui t’ont servi lors de ta conquête des Gaules, il y avait un nommé Quintus Tullius Cicero; était-il de proche ou de lointaine parenté avec l’honorable tribun et grand orateur Marcus Tullius Cicero? Et ceux qui s’appelaient Decimus Junius Brutus Albinus et Publius Crassus, ont-ils un lien de parenté avec ton bien-aimé «fils adoptif» Marcus Junius Brutus, et le troisième avec le triumvir Marcus Licinius Crassus?

Je sais que ton «ami» Titus Labienus a rejoint le parti de Magnus Pompée, et qu’il est tombé lors de la bataille de Munda en Hispanie en servant Gnaeus Pompée, tandis que Marcus Antonius t’est resté fidèle. Mais quant aux autres, j’ignore leurs partis pris et leurs destins durant la Guerre Civile qui asuivi ton retour à Rome. Peux-tu m’en parler, ô divin Cæsar?

On parle beaucoup de la révolte de Vercingétorix l’Arverne que tu as finalement vaincu sur le plateau d’Alésia. Mais on parle moins de celle des Eburons d’Ambiorix, qui massacra les légionnaires de ta XIVe légion aux ordres de Cotta et de Sabinus, et faillir faire subir le même sort à celle de Quintus Cicero. Oui! Ô Cæsar, tu es arrivé à temps pour éviter ce nouveau désastre, mais Ambiorix, malgré la cruelle répression que tu as ordonnée contre la tribu des Eburon, t’a échappé. As-tu encore des projets contre lui, ou ceci est maintenant de l’histoire ancienne pour toi? Je te remercie encore pour tes futures réponses.

Puisse Fortuna continuer à te guider et te protéger.

Vale!

Thierry de Durocortorum.


Ave,

César voit avec plaisir que tu connais bien ses lieutenants. Oui, Quintus est bien le frère de Marcus Tullius Cicéron, qu'il a rejoint lors de son proconsulat en Cilicie et qui, après avoir rejoint Pompée, s'est fidèlement rallié à César après Pharsale. Quant à Decimus Iunius Brutus, fidèle lieutenant de César en Gaule et dans la guerre contre Pompée, il est parent de Marcus, le cher fils de César, qui s'est un temps fourvoyé aux côtés de Pompée. Enfin, le jeune Publius Licinius Crassus est le fils puîné de Marcus Licinius, qu'il a accompagné dans la mort à Carrhes, lors de la campagne contre les Parthes.

Les autres légats, comme Trébonius, sont restés fidèles, mais César compte surtout sur ses officiers gaulois, qui n'ont pas failli, à l'exception de la révolte druidique étouffée à Alésia. Aussi, César ne craint pas Ambiorix, qu'il soit chez les Germains, ou, comme Commios l'Atrébate, chez les Bretons: s'ils revenaient en Gaule, ils ne rallieraient personne à leur cause.

Vale

Caius Iulius


À C. Julius Caesar, Dictator, Imperator, Pontifex Maximus, Ave,

Je te remercie, ô divin Caesar, pour tes réponses à mes questions. Et pour les survivants des chefs rebelles, je te crois, et comme l’avait dit le chef gaulois Brennus: «Vae Victis!».

Quand tu as fait entrer des Gaulois dans le sénat, certains sénateurs ont cru voir les «Mânes de Brennus» y pénétrer. Et si Caton y était encore, il serait sûrement tombé mort de saisissement ou étranglé par sa rage. Je suppose que ces tribuns gaulois étaient natifs principalement de la Gaule cisalpine, ou me trompé-je? Et qu’en est-il des autres chefs qui furent tes fidèles alliés lors de ta glorieuse campagne gauloise: le druide Diviciacos et Liscos des Eduens, les Arvernes Gobannitio et Epasnastos, qui sont parmi les plus connus?

Peux-tu me parler de ton père, quel fut son cursus honorum? Il me semble qu’Atropos a interrompu sa destinée, quand tu n’étais encore qu’un adolescent. A part ton oncle Marius, est-ce que d’autres membres de tes proches parents t’ont influencé pour ton cursus honorum? Quelle est l’origine de ton cognomen «Caesar»?

Comme tu le vois, ô divin Caesar, de par les messages que les autres t’envoient grâce à Dialogus, ta vie et tes exploits sont restés inscrits dans le marbre malgré les siècles qui nous séparent.

Puisse Fortuna continuer à te guider et te protéger!

Vale.

Thierry.


Ave,

Tous les ancêtres de César ont parcouru le cursus honorum, y compris son cousin et légat Lucius Julius Caesar, qui a été consul un an avant Cicéron. Le cognomen Caesar viendrait selon certains d'un accouchement par césarienne, mais la gens préfère le rattacher au nom punique de l'éléphant, un ancêtre de la famille en ayant tué un, même si César sait bien qu'en Punique le mot éléphant est totalement différent.


À C. Julius Caesar, Dictator, Imperator, Pontifex Maximus, Ave,

Encore tous mes remerciements pour tes réponses. Si d’autres questions me viennent à l’esprit, je t’en ferai part, ô divin Caesar. Nos historiens actuels réfutent le fait que ton «cognomen» soit issu d’un accouchement avec une césarienne, car d’après eux, et à ton époque, généralement la femme succombait aux suites de cet acte de chirurgie. La noble matrone que fut ta mère Aurélia Cotta a mis au monde deux filles après toi. Ils suivent plutôt une ces deux voies: celle de l’éléphant qu’un de tes ancêtres aurait tué lors de la première Guerre Punique, ou bien le premier de tes ancêtres à porter ce «cognomen» aurait eu une abondante chevelure, d’où: «Caesaries».

Puisse Fortuna continuer à te guider et te protéger.

Vale.

Thierry


Pour un chauve comme César, voilà une étymologie plaisante!

Vale.

Caius Iulius