Bruno Thierry Gagnon Lévesque
écrit à

   


Jules César

     
   

Plus politicien que militaire?

   

J'ai deux petites questions pour vous grand orateur, oh Jules César! Vous considérez-vous plus vous comme un politicien ou comme un homme militaire?

Jules, si vous aviez à revivre votre règne, auriez-vous changé des choses, si non, si vous aviez à revivre votre règne mais en 2007, que feriez-vous en premier?


Ave,

César ne comprend pas bien la question. À Rome, les armées sont commandées par les hommes politiques qui, à diverses étapes de leur carrière (cursus honorum), assurent le commandement d'une légion (tribunat) ou d'une armée (préture et consulat). César a eu une carrière politique «normale» et il a commandé en Asie, puis en Espagne et enfin en Gaule. C'est surtout là, à la tête de onze légions, que César a compris qu'un ordre politique nouveau devait naître pour adapter les institutions d'une municipalité qui permet à quelques familles de mettre le monde en coupe réglée. César a initié l'organisation impériale moderne.

Pour cela, il a substitué, dans son concept impérial, au Sénat et au Peuple de Rome ses légats, romains ou indigènes, et ses soldats, peuple en armes fidèle à son chef. Lorsque, en 49, dès sa prise de pouvoir, il donne la citoyenneté aux Gaulois de Transpadane et porte l'effectif du Sénat de six cents à neuf cents pour introduire dans l'assemblée en toge trois cents Gaulois en braies, César sait qu'il lance une révolution impériale, qui se fera contre les privilèges du Sénat.

Oui, le socle de la pensée politique de César, l'alambic où elle bouillonne, c'est l'armée de Gaule, mais César a toujours pensé, comme ses maîtres grecs et son précepteur gaulois, que la durée passe par la politique, une fois apaisée la colère de Mars.

Quant à savoir ce qui se passera après lui, César n'en a cure: il a toujours vécu l'instant sans le souci d'un au-delà qu'il laisse aux rêveurs.

Vale

Caius Iulius