Christine
écrit à

   


Jules César

     
   

Mon admiration

   

 

Très cher Jules César,

J'ai lu ces dernières années plusieurs de vos biographies. Je dois avouer que les détails de vos guerres ne m'ont guère intéressée (je sais, ce fut votre gloire, mais je ne suis que faible femme!). Cependant, votre détermination, votre courage, votre vision m'ont fascinée! Québécoise, je me réjouissais de votre victoire sur ces Gaulois barbares, qui n'ont toujours pas encore accepté votre supériorité intellectuelle et militaire (à en croire le biographe français Max Gallo).

Je comprends aussi que toutes les femmes de vos adversaires n'aient pu vous résister, mais de méchantes langues vous décrivent comme un homme qui se sert des femmes pour conquérir ses adversaires, ou pire, un homosexuel... Pourriez-vous m'éclairer sur votre philosophie de l'amour pour que je puisse continuer à rêver puisque des hommes comme vous, il n'en existe aucun en 2006?

Bien à vous,

Christine


Ave, Christina, femme de 2760 depuis Rome (ab urbe condita)

César est sensible à ton admiration et, même s'il ne connaît pas ce Gallo, un Gaulois sans doute, il doit te dire que les Gaulois lui ont aussi donné de belles leçons de courage et d'intelligence, sans parler de leur fidélité, puisque, une fois franchi le Rubicon, alors que beaucoup des généraux romains que César avait comblés d'honneur l'ont trahi, tous les officiers gaulois lui sont restés fidèles; et, même si Vercingétorix, un officier de sa cavalerie, a pu se laisser persuader par les druides de conduire la rébellion de 701 Av. J.-C., César a toujours admiré les Gaulois et les femmes des Germains, de redoutables combattantes.

Tu as été mal renseignée sur César: il n'utilise jamais les femmes pour vaincre l'adversaire; simplement, comme tous ceux de sa caste, il utilise le mariage comme moyen de nouer des alliances familiales et, si sa chère Iulia avait survécu à ses premières couches, le mariage de sa fille avec Pompée aurait été son plus grand succès politique: ce mari déjà mûr était amoureux fou de sa jeune épouse.

César n'a pas de philosophie de l'amour; on le dit épicurien alors qu'il n'est qu'un pragmatique. Le plaisir est un bon moyen d'oublier les combats, et les femmes qui ont voulu goûter ces joies avec César n'ont pas été déçues, qu'il s'agisse des grandes aristocrates romaines ou de la reine d'Égypte. Quant à ceux qui accusent César d'homosexualité, ils ont eu intérêt à éviter d'envoyer leurs épouses vérifier la rumeur.

César est sûr qu'il existera toujours des hommes comme lui, mais ils n'auront pas forcément la chance de s'épanouir dans des circonstances favorables: Fortuna est la plus grande déesse mais elle est aveugle.

Vale

Caius Iulius