Savina
écrit à

   


Jules César

     
   

Les femmes

   

 

Ave Cesar!

Je m'appelle Savina. Je sais qu'à ton époque, les femmes ne sont pas respectées du tout et à vos yeux elles valent à peine mieux que des esclaves. As-tu déjà essayé de faire changer les choses? Je suis heureuse de t'apprendre qu'à mon époque, les femmes ont le droit de vote, certaines dirigent des pays, certaines font de la politique, d'autres travaillent, etc. Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour que les choses changent? L'homme n'est-il qu'un monstre d'égoïsme qui ne veut pas faire partager ce qu'il vit avec la femme? Si on demande, qui de l'homme ou la femme est le plus intelligent, moi je réponds: c'est celui qui croit que l'un ou l'autre est plus intelligent qui est un imbécile!

Les gladiateurs maintenant. Trouves-tu cela juste de faire mourir des hommes, simplement pour le bon plaisir d'autres? Moi non! Les gladiateurs sont des êtres humains avant tout, et rien ne pourra le changer. Entre êtres humains on doit se respecter, et il n'est pas normal que certains meurent pour amuser les autres.

Les esclaves, parlons-en. Le droit de vie ou de mort sur l'esclave, mais c'est horrible! Un être humain ne peut pas décider du moment où meurt un autre, on appelle ça un meurtre, et ce doit être puni par la loi. Et rien que le principe de l'esclavagisme est même dirais-je, pitoyable. Pour n'avoir aucune tache ennuyeuse à faire, on donne aux autres. Ça n'a aucun problème, du moment que le travail est payé, car toute peine mérite salaire. Mais exploiter des gens, c'est inacceptable. Le pire, c'est que l'esclavagisme a duré très longtemps et continue dans certains pays. L'homme est un loup pour l'homme!

Et pour finir sur une note un peu plus gaie, y a t-il un petit village gaulois, en Armorique, qui résiste encore et toujours à l'envahisseur? Est-il habité par des Gaulois qui ont une force surhumaine grâce à la potion magique de leur druide? En tout cas si ce n'est pas le cas, sache que c'est une des nombreuse histoires dessinées où tu es mis en scène.

Ave Cesar, ceux qui vont mourir te saluent.

P.-S. Connais-tu Ambre, une jeune Gauloise qui a voulu prévenir son peuple de l'invasion romaine, invasion qu'elle a apprise lors d'un banquet de Crassus auquel tu étais convié et où tu as dévoilé tes plans?

Savina


Ave Savina!

J'ai du mal à imaginer ce que tu me racontes sur ce monde où les femmes peuvent commander les légions. Mais, de ton côté, tu n'es pas bien renseignée sur nos femmes. Comme l'écrivait déjà Xénophon dans «L'Économique» (chapitre VII), l'homme et la femme sont complémentaires. Rome ne manque pas de figures féminines héroïques comme Cornélia, la mère des Gracques, et ma propre mère, une Aurelia Cotta, a joué un rôle essentiel dans mon ascension politique.

Je parle bien sûr des Romaines et non des esclaves, qui ne valent pas plus que les mâles. Parmi elles aussi nous recrutons les gladiateurs dont tu parles: le peuple, Romains et Romaines mêlés, trouve que leurs combats mettent un peu d'exotisme dans le spectacle. Chez nous en effet, les femmes ne font pas la guerre, comme c'est le cas chez toi et chez les Germains, où j'ai été surpris de découvrir que les femmes décidaient de l'engagement des combats et du sort des prisonniers.

Quant à l'Armorique et à cette Ambre dont tu parles, il doit s'agir d'un des nombreux contes que l'immense gloire de César a inspiré. Le seul peuple que César ait rencontré est celui des Vénètes, redoutables marins de haute mer qui n'ont pas résisté longtemps à la puissance de César.

Vale!

Caius Iulius


Ave, Cesar!

Je suis très heureuse de voir que tu as répondu si rapidement, et d'une manière si bien développée. Et pour une fois, César parle de lui à la première personne!

J'avoue que tu m'apprends beaucoup de choses dans ton message. J'ignorais complètement qu'il y avait des femmes gladiateurs. Par contre, ne nie pas que les femmes étaient bien moins traitées que les hommes, ce qui hélas dure encore dans de nombreux pays. À ce que je sais, le bain des femmes était moins beau et spacieux que celui des hommes, les femmes étaient beaucoup moins écoutées dans la société, etc. Quelles étaient leurs conditions de vie exactes? Car je ne suis pas vraiment une experte...

Ave Cesar, Savina te salue.


Ave Savina,

Oui, César parle parfois à la première personne et si tu lis ses commentaires, tu verras qu'il le fait parfois (huit fois). Mais pour répondre à ta question, César est bien mal placé; il peut te dire simplement qu'il vaut mieux être femme romaine et patricienne plutôt que l'esclave mâle qu'elle achète au leno pour en user à sa convenance. Pour le reste, autant de femmes, autant de cas particuliers!

Vale!

Caius Iulius


Ave Cesar!

Merci pour ta réponse. À présent, je voudrais en savoir plus sur ton ennemi, Pompée. Comment vous êtes-vous rencontrés? Comment étaient vos relations au début? Qu'est-ce qui a tout fait changer? Quelle sont les pires choses qu'il ait faites contre toi? Est-ce que vous vous haïssez (je m'en doute mais on ne sait jamais)? Avez-vous des points communs à part le désir de pouvoir?

Merci, tes réponses me seront d'une grande utilité.


Ave, Savina!

César ne hait pas Pompée, mais l'histoire les a séparés après les avoir réunis, tant sont étranges les volontés de Fortuna. Cnaeus Pompeius, que les Romains appellent Magnus depuis 80, avait six ans de plus que César et il a connu avant lui les honneurs et la gloire militaire. Il fut un allié précieux en 60, lors du partage de pouvoirs à trois (avec Pompée et Crassus), qui permit à César d'être consul en 59. Il en fut de même en 56 quand, au printemps, à Lucques, à l'insu de tous et même de ce grand naïf que sera toujours Cicéron, nous avons recommencé, Pompée assurant à César, éloigné par la guerre des Gaules, le contrôle de Rome.

C'est alors qu'il a épousé ma petite Julie, dont il a été follement amoureux et qu'il est devenu mon très cher gendre. Hélas, Julie est morte en couches deux ans après et César a perdu un allié et ami. Pompée a voulu alors rester seul maître de Rome et s'est laissé manoeuvrer par les plus habiles des sénateurs, dont Caton, soucieux de maintenir leurs privilèges en nous dressant l'un contre l'autre. Et ils ont réussi! César a dû affronter Pompée, l'a vaincu en 48 et a espéré, en le poursuivant, le retrouver pour lui offrir, comme à tous les autres, sa clémence et son amicitia.

Mais l'infâme Ptoléme XIII, frère-époux de notre chère Cléopâtre VII, a osé tuer Pompée et offrir sa tête à César, croyant lui être agréable. La fureur des légions de Rome, déchaînée sur Alexandrie, lui a prouvé jusqu'à sa propre mort que tel n'était pas le voeu de César. Rome a perdu un grand général.

Vale!

Caius Iulius


Ave, Cesar!

Merci beaucoup pour ces réponses qui m'ont énormément aidée. Je suis contente d'avoir une conversation assez longue avec vous. Je vous recontacte si j'ai d'autres questions ou autre chose.

Merci!

Ave, César!

Savina