Lucila
écrit à

   


Jules César

     
   

Les batailles de Gergovie et d'Alésia 

   

 Ave grand César!

Je m'appelle Lucile et suis une descendante gauloise de quatorze ans. J'étudie ta langue, ô césar. Eh oui, je parle un petit peu le latin! J'ai une question à te poser sur le déroulement des batailles de Gergovie et d'Alésia. J'aurais voulu savoir ce qu'est devenu ton adversaire Vercingétorix après ces batailles et quel sentiment tu as éprouvé après une défaite et une victoire. Je voulais aussi savoir -car je suis très curieuse- si vous vous étiez installés, vous et vos hommes, dans la région Arverne. De plus j'espère que tu me donneras des renseignement positifs sur ce que tu as fait dans cette région car je suis née à deux cent pas d'Alésia!

Salve Caesar!et tout mon respect!

Lucile (ou Lucila en latin)


Ave Lucilia e optimo Arvernorum genere,

César n'a pas été vaincu à Gergovie mais il y a connu un insuccès face aux hommes et aux femmes de ton peuple. Ce sont en effet les femmes arvernes, qui, usant de leurs armes secrètes (nudo pectore, comme César l'a écrit), ont fait désobéir les sodats et les centurions de César. Feignant de se jeter dans les bras des légionnaires, elles ont disloqué leurs lignes serrées, leur seule force, et livré aux Gaulois qui étaient derrière elles une cohorte diminuée. À Alésia, seul contre toute la Gaule (seuls les Rèmes et les Lingons, et les Aquitains, qui ne sont pas des Gaulois, étaient absents de la coalition), César a compensé par la technique et le sang-froid une infériorité numérique évidente. Vercingétorix, vaincu, a connu le sort des vaincus: César l'a fait enchaîner et enfermer dans la geôle du Tullianum. Il n'en est sorti que six ans plus tard, enchaîné derrière le char de César, à l'ocasion de son triple triomphe, puis a été étranglé. On a dit qu'il était devenu fou.

Mais César, punissant à travers son chef, la rébellion de la Gaule, a épargné les Arvernes, tous grâciés après Alésia, alors que les autres combattants (sauf les Héduens bien sûr) devenaient des esclaves. Ensuite la Gaule, comme l'avait voulu César, a été terre romaine et, trois ans plus tard, trois cents sénateurs gaulois venaient grossir le sénat de Rome.

Vale Caius Iulius