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Général,
Votre conquête de la Gaule est un haut fait militaire
dont on parle encore des siècles après son accomplissement. De Gergovie
à Alésia, en votre âme et conscience, qu'avez-vous pensé de ce peuple
gaulois en général, même si votre ouvrage «La guerre des Gaules» est un
chef-d'œuvre? Est-ce que le souvenir d'Alexandre vous a hanté lors de
cette campagne? Enfin, avez-vous cru à une possible défaite au soir de
Gergovie? Une dernière question: que pensez-vous de votre adversaire,
Vercingétorix?
Amitiés gauloises à travers les siècles,
Arnaud
Ave, Galle,
César a regretté la défection de certains de ses
officiers gaulois, dont Vercingétorix, au cours de cette
année terrible. Après Gergovie, il n'a eu qu'un souci:
faire la jonction avec Labiénus, vainqueur des Belges de
Lutèce et rétablir l'ordre. C'est la défection des
Héduens, l'avant-garde de l'ordre politique nouveau voulu par
César, qui l'a fait chanceler. Sans l'erreur juvénile de
Vercingétorix César était battu; il n'aurait pu se
relever politiquement de cet échec attendu par tant de Romains
influents, presque tous à vrai dire. Par la suite, les faits ont
prouvé que César a raison: tous ses officiers romains
l'ont trahi, Labiénus le tout premier, alors qu'aucun de ses
officiers gaulois ne lui a fait défaut; la Rome nouvelle n'est
pas dans Rome, elle est dans les légions et dans les provinces.
S'il n'avait pas subi l'influence des druides, Vercingétorix
aurait pu être l'un des plus remarquables de ces trois cents
sénateurs gaulois que César a imposés à
l'aristocratie patricienne.
Quant à Alexandre, César l'a admiré dans sa jeunesse, mais César est César.
Vale,
Caius Iulius
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