anna felinia magister
écrit à

   


Jules César

     
   

Cognomen tuum 

   

ave illustrissimus pontifex imperatorque caesar, ceux qui vont étudier te saluent

Je me permets de venir troubler la quiétude réfléchie de ta retraite pour t'interroger sur les origines de ton cognomen; certaines sources le font venir d'un hypothétique ancêtre qui aurait gagné quelques feuilles lauréennes (si j'ose dire) lors de la première guerre punique; d'autres, plus pragmatiques, l'expliquent avec le verbe «cado», couper, parce qu'une de tes aïeules aurait subi une césarienne.

Qu'en est-il vraiment, et connaît-on l'étymologie de ce terme?

Par ailleurs, l'étymologie du «kaiser» allemand de sinistre gloire, et un peu-empereur-mais-pas-tout-à-fait, vient-elle de ton illustre cognomen?

Mes aluni et moi-même te remercions bien bas pour les lumières que tu nous apporteras.

Anna felinia magister


Ave, anna felinia

Eh non, la légende de l'éléphant punique que l'on a mis parfois sur les pièces en-dessous de son nom n'explique pas le nom de Caesar: en punique, on n'utilise pas ces consonnes pour désigner l'éléphant. Nos érudits le font venir soit de caesus («a caeso matris utero») soit de caesaries («caesar quod est cognomen Iuliorum a caesarie dictus est, quia scilicet cum caesarie natus est»), ce qui est amusant pour un chauve comme César.

Pour le reste, César ne connaît pas les «Allemands» dont tu parles.

Vale

Caius Iulius

N.B.: Caesar a bien donné Kaiser et aussi Czar (tsar)


Je me permets de te féliciter pour la rigueur et la délicatesse de toutes les réponses que tu fais, et qui sont souvent très drôles lorsqu'elles fustigent les néologismes et autres désordres chronologiques de tes mystérieux correspondants. Sont-ils des Grecs pour se croire si savants, ou des Chaldéens pour prédire l'avenir?

Bien à toi,

a. felinia magister (je suis d'une cité où les femmes ont, elles aussi, les tria nomina, même alors qu'elles ne sont pas de noble extraction)


Aue, Anna Felinia Magister,

César est sensible à tes louanges; en effet, si la rareté fait le prix des choses, celui des remerciements doit monter à des millions de sesterces.

Vale

Caius Iulius