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J'ai étudié un extrait de «Voyage au bout de la nuit» en français dans la
séquence sur 14-18. Votre roman est facile à lire.
Jeune homme!
Facile! Rien n’est facile! Jamais! Apprenez! La misère
guette les uns et les autres n’attendent que ça… Vous dépecer et voir vous
enfoncer dedans jusqu’au trognon… Jusqu’à en crever et eux en crèveront de
plaisir. Alors, jeune homme, les extraits sont insuffisants, toujours, en toute
circonstance. Il faut se battre! C’est tout!
Méfiez-vous de la facilité,
décadence du siècle, nullité de l’instruction, les extraits… Foutre! Des
extraits! Ils enseignent des extraits… Bien sûr! C’est plus facile, on y arrive
plus vite à la fin et on passe à autre chose… À Sagan! Voilà! C’est gagné
d’avance.
N’attendez pas qu’on vous dise que c’est facile… Plongez, nom
de Dieu! Vautrez-vous dedans, flairez le vent, les sensations… Levez les voiles
et laissez venir les images… l’infini! Laissez-vous ensorceler, que diable! Dans
un sens, dans l’autre… Tempêtes et sarabandes! Vous verrez le résultat… Le grand
départ, l’aventure de la jeunesse… larguez les amarres… Le Voyage… Tout
doucement, se déploiera sous vos yeux…
«Et puis, tout d’abord, tout le
monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux.
C’est de l’autre
côté de la vie»
Tenez Petit! Je vous mets au défi… Lancez-vous et revenez
m’en causer dans quelque temps…
On discutera… Sans
façon!
Louis-Ferdinand Céline
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