Vos admirations
       
       
         
         

jean-pierre.pennaneach@yachtmarseille.com

      Monsieur Céline,

Votre génie n'est pas contesté. Stylistiquement, le vingtième siècle se structure définitivement en deux parties: l'avant et l'après Céline.

Cependant, ce fameux vingtième ne fut pas uniquement vécu par des plumitifs.

Vous n'étiez pas avare de vos critiques, de vos détestations à l'égard d'écrivains adulés par beaucoup. Mais révélez nous vos admirations! Les quelques méritant le label «maître du style». Vos lecture de jeunesse, vos chocs littéraires!

Bien à vous.

 

       

 

       

Louis-Ferdinand Céline

      Cher Monsieur,

Je crois avoir déjà répondu à cette question, mais bon! Puisqu'il faut gagner son beurre et y a l'éditeur en pétard qui me talonne de répondre illico…que je suis en retard et qu'il me versera pas un rond pour mes droits…18%. Et Toto sur son perchoir qui jacasse et me casse les crayons…Les bêtes à nourrir et le chef-d'œuvre à chier…Je vous le dis…Ça n'arrête pas!

Habituellement, les écrivains se foutent éperdument du style…tout ce qui les intéresse c'est de vendre leur littérâââture…de la camelote bien ficelée pour les étals…marchands de prose et boutiquiers de corpus… et ça ressemble à un million d'autres histoches mille fois torchées depuis la nuit des temps...

C'est le style qui importe, c'est lui qui distincte l'écrivain…le véritable, la perle rare. Très rares les écrivains à style, un ou deux par siècle, pas plus!... Rabelais! Certainement le plus grand, le premier à tenter d'utiliser le langage parlé dans l'écrit... Lui aussi on l'a détesté, menacé du bûcher... détesté! Honni! Vomi! Exécré…Villon bien sûr! Pendu celui-là, laissé aux corbeaux pour l'exemple…

Quelques autres aussi, dans leur genre ont cherché le style...Voltaire, inévitable…La Fontaine! Morand à ses débuts, Ramuz et aussi Barbusse avec «Le Feu»... Proust? C'est autre chose…l'écriture pédérastique, Arthur qui encule Bernard sur 300 pages… C'est un genre, mais bon!  Faut bien dire que ça manque pas d'un certain culot.

Bien à vous,

Céline