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mdufresne1 |
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Question à propos du Québec |
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| Monsieur Céline, Juste une petite question afin de savoir qui avez-vous rencontré lors de votre passage au Québec? Autant du monde littéraire que certains politiques de l'époque... Était-ce le fascisme latent du Québec qui vous y a amené? Sans aucune méchanceté. Mario Cher Monsieur, Le Québec? Vous voulez dire, le Canada? On m'a raconté à Dialogus, la situation. Un peu. L'acharnement! Les misères! La ferveur! Les espoirs. Les rêves! Et puis rien! La réalité! La chape! Québec! Montréal! J'y suis venu à quelques reprises, la première en tant que médecin de la SDN, voyage d'études. J'y ai ressenti de l'admiration pour cette terre. Bretagne. Saint-Malo! Les pierres! Le Saint-Laurent, grandiose. Une mer dans les terres. Superstitieuse! Celte! Chouans! Le lys! Le roi!... Nostalgie d'un temps disparu. Patois! Pureté! Richesse perdue. Danse! Farandole! Cotillon! Musique et rondes! France! Pucelle! Innocence! Légèreté des mots. Voilà! Perdu, tout ça? J'en ai bien peur. Dans un siècle, il ne restera plus rien du Français. Ici. Là-bas dans votre Québec! Nulle part! Terminé la France! Prétentieuse. Putasse! In inglish please! Hollywood! Populaire et sucré. Tellement que ça écœure à la voir vendre son cul à l'Amerloque. Au premier venu qui montre son fric! La seconde en 38. Juste avant la guerre. Des amis! Quelques-uns! À Montréal. Victor Barbeau de l'Université de Montréal. Une soirée au Cercle. Des rencontres. Mondanités! Blabla! Femmes! Des fascistes? Quelques-uns, forcément! J'en ai rencontré. Que vous en dire. Rien à en tirer de cette engeance, folklore! Allez! Le cureton tient bien les rênes. Le troupeau suit le berger à l'abattoir. Qui referme la porte derrière. De toute manière, la guerre était là, proche, la seconde en vingt ans, vous y pensez? Mais non! Vous ne pouvez imaginer. Et Hitler? Je m'en foutais d'Hitler! C'est la guerre, qu'il fallait empêcher. C'est ce que je leur ai dit aux Canadiens. Puis, fallait bien revenir, voir le mieux à y faire, panser. Soulager. C'est tout. Plus tard. Après tant de malheurs. Le Danemark. La prison, l'exil. J'ai pensé à venir m'installer là-bas. Écouter la langue. Peut-être m'y aurait-on accueilli. Des amis? Mais je ne sais pas. Les hargneux sont partout les mêmes. Les avides, toujours aux meilleures places. C'est l'ordre des choses. Ils guettent! S'acharnent! Sucent! La moelle! Le jus! À l'os! Aucune chance d'être reçu. Nulle part. Pestiféré et bien après ma mort, ils en remettront. La télé. Vous verrez! C'est ici, à Meudon. Je suis revenu attendre la fin, avec l'espérance d'un minimum de souffrance. Je n'aime pas la souffrance. Je suis médecin, alors. Pensez donc! Toute ma vie fut souffrance. Alors, rien de plus. De moins! Le reste n'a plus aucune importance. Du bourre-mou! Blabla de pénitent. Louis-Ferdinand Céline |
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