Lucette Destouches
       
       
         
         

bergeron.helene@uqam.ca

      Monsieur Louis-Ferdinand Céline,

J'aimerais que vous nous entreteniez de votre femme Lucette décédée il n'y a pas très longtemps, me semble-t-il. Elle était danseuse, n'est-ce pas? Comment l'avez-vous rencontrée?

Pourquoi votre femme a-t-elle refusé de faire republier vos Pamphlets qui étaient chez Denoël (avant la mort de l'Éditeur) et qui ont été achetés avec le reste de votre oeuvre par Gallimard? Trop chauds ces pamphlets... Rendus introuvables ils ont acquis sur les quais de Paris une valeur inestimable; à moins de montrer patte blanche et de pouvoir franchir hiératiquement la Bibliothèque Nationale pour les consulter. Saviez-vous que l'on songe à les faire publier de nouveau dans un avenir très prochain?

Lors de votre séjour forcé au Danemark, votre épouse a été d'une fidélité et d'une générosité à toutes épreuves - même lorsque vous étiez en prison. Vous voulez bien nous parler un peu de cette sainte Lucette?

Votre avocat Maître Mikkelsen vous a prêté à vous et à votre femme sa maison, lors de votre exil danois, pourquoi avoir vociféré après lui en disant qu'il vous avait volé, étiez-vous un peu grippe-sous Céline? Pourquoi avez-vous été incapable de lui être reconnaissant pour ce qu'il a fait pour vous?

J'arrête ici...Non attendez. Céline c'est bien le nom de votre grand-mère, pourquoi donc?

Allez souriez! J'aurai grand plaisir à lire ce chapitre débridé de votre vie rocambolesque.

À vos marques, monsieur Destouches!

Hélène Bergeron