La psychanalyse |
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| M. Céline, C'est en m'apprêtant à sortir du métropolitain, que j'ai découvert sur un siège, perdu, un volume de «Mort à Crédit». Une telle circonstance me laissa penser que l'heure était venue pour moi de découvrir un auteur dont je ne connaissais que le nom. Vous lire me fut un grand plaisir que je renouvellerai en m'attaquant au reste de votre oeuvre très prochainement. Le hasard ne fait-il pas parfois bien les choses? Je ne vous harcèlerai pas d'une question sur vos rapports à l´humanité car vous en avez déjà débattu et de toute façon je n'en saurai jamais assez pour pouvoir en juger. Non vraiment, rien que d'y penser cela me fatigue!!! Je voudrais savoir ce que vous pensez de la psychanalyse. Vous qui êtes un homme du début du siècle dernier, vous qui en avez connu un âge que je ne pourrai jamais connaître, jeune inculte que je suis. Un inconditionnel M. Fifi |
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| Cher monsieur, Dumontais me dit que vous vous impatientez? Fichtre! Vous avez bien attendu de dégoter un de mes bouquins sur un banc de parc pour me lire... Et à présent vous exigez une réponse dans la minute? Vous ne manquez pas de culot... Je vous pardonne... la jeunesse, je suppose... Mes rapports à l'humanité se limitent à l'observer... Entre vous et moi c'est bien suffisant... Ça foisonne! Microbes! Bactéries! Parasites! D'ailleurs, c'est bien ce qui m'a valu les pires emmerdes, de trop l'observer. Quoiqu'on en dise, l'humanité est prête à exister et à se perpétuer dans les pires conditions dans la mesure où on ne lui montre la tristesse de son état... Bien fait pour elle! Pour en venir à votre question psychanalytique, je ne peux vous dire grand-chose. En tant que médecin, j'ai rencontré des psychanalystes de réputation, en Allemagne entre autre, mais je m'y suis attardé seulement par curiosité... par voyeurisme si vous saisissez le tableau... Une danseuse exécutant de nouvelles figures. C'est un truc dont je ne me soucie pas, une forme d'auto mutilation dont, en tant que médecin, je ne suis pas friand. La médecine de l'âââme remplace le charlatanisme des curetons, écoutez-les... Ils bafouillent le même langage. L'acceptation! La résignation! La soumission! Bien à vous Céline, |
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| Cher Mr Céline, Me r'voila! J'ai décidé envers et contre tous que tu méritais bien un p'tit cadeau de Noël qui consistera, à te faire un humble courrier sans bave ni injure. Chose promise, chose due comme on dit. Je t'avais dis que je lirais d'autres de tes récits et c'est chose faite en les noms de Casse Pipe et Voyage au bout de la nuit. Les analyses littéraire c'est pas trop mon fort, en général je me tourne surtout vers le voyage ou le genre grande histoire. Pour moi un bon livre c'est comme un bon film sauf qu'un bon livre ça prend des semaines à se lire, alors à chaque fois quel bonheur d'avoir le temps d'y r'tourner au livre, un quart d'heure, une demi heure, où je sais que je vais reprendre une p'tite dose de sensations. Évidemment le Voyage au bout de la nuit m'a plus. Ya rien à dire que c'qui est, en somme. On se ballade avec toi, ya plein de gens sur le chemin et puis t'en rajoute pas trois couches. Juste, tu les regardent comme ça et puis tu nous dis c'que t'en pense sans chichi ni quoi ou qu'est ce. J'en demande pas plus. Et puis faut dire que le Paris du début du siècle ça me rappelle des gens. Alors comme ça je me suis promené à tes côtés et j'ai pu sentir comment que c'était ce Paris et cette banlieue des gens que j'ai connus. Peut-être que je les comprends mieux maintenant, vas savoir. Je crois que c'est tout. Rien d'autre à dire sauf peut être que plus je t'écris et plus j'ai l'impression d'écrire comme toi. Ya comme un accent de titi parisien qui me trotte dans la tête quand je te lis et quand je t'écris, peut être que je me goure, que t'as jamais eu cet accent là. Les sensations et les impressions de toute façon je crois qu'on pourra pas s'en débarrasser comme ça et puis la vie serait trop fade sans, enfin bon bref. Merci encore pour les voyages, Mr Fifi |