Et la tendresse, bordel |
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| Céline, cessez donc de nous écraser les burnes,
le rôle de bourru... il faut changer de disque. J'ai trouvé dans vos textes une incommensurable finesse, une sensibilité au micron. Il suffit de relire votre description (MC 724) de Nora Merrywin, au pensionnat, en Angleterre, ou votre séparation d'avec Molly, des States, à qui vous dites (V 236): «Bonne, admirable Molly, je veux, si elle peut encore me lire, d'un endroit que je ne connais pas, qu'elle sache bien que je n'ai pas changé pour elle, que je l'aime encore et toujours, à ma manière, qu'elle peut venir ici quand elle voudra partager mon pain et ma furtive destinée...». Si ce n'est pas délicat! Je n'en ai rien à cirer de vos rodomontades, ce que j'aime chez vous, c'est l'être qui observe parce qu'il veut plus s'engager. Je pleure à la fin du voyage, avec la mort de Robinson. Et, pire encore, à la mort de Courtial (MC 1035) pour qui vous aviez plus que de l'affection. Voilà la magie de la littérature, que tout soit là en même temps. Et la plus extrême finesse pèse heureusement plus que la ratiocination. |
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| Monsieur, Je veux bien parler d'autres choses, changer de discours, causer littérature avec les intéressés, mais admettez qu'on ne m'en offre guère la possibilité. Jetez un oeil sur les bafouilles qu'on m'adresse et vous constaterez qu'on s'en fout entièrement de la littéraaature... Totalement! Ce qui intéresse le franchouillard, c'est le fait divers, bouffer son voisin, le type qu'on empale pour un mot qui sonne autrement. Je veux bien causer de Molly, de Courtial, de Robinson, de Lili, mais avec qui? Céline |