Anecdotes
       
       
         
         

felix.revcou@sympatico.ca

      Bonjour Céline...

Je serai court... mais bref. Mon intention, ici, est de vous faire rire tout en sachant que ce ne doit pas être chose aisée (dans votre cas). Vous n'avez pas le rire facile (je crois) mais vous vous y entendez pour nous faire mourir (parfois) de rire. Bon, je vous raconte. L'histoire (vraie) se passe dans la ville de Québec en 1979. À cette époque, j'étudiais à l'Université Laval en Lettres. Cette année-là, il y avait un cours sur L.F.Céline. Wow (que je me suis dit)! On ne s'ennuiera pas dans ce cours-là! Allez hop! Je m'inscris au cours. Une semaine plus tard, je pénètre (en retard) dans la classe et Ô surprise! Sur les 39 élèves... il y a 38 FEMMES! Je me dis qu'il doit y avoir erreur, ou que je ne suis pas dans la bonne classe. Vous-même, à cet instant, vous devez vous poser la même question: Pourquoi 38 femmes... et un seul homme dans un cours universitaire sur Céline? Dans vos livres, à part votre chère Lucette, on ne peut pas dire que les femmes y ont tellement le beau rôle. Alors pourquoi? Avaient-elles un compte à régler avec l'auteur? Non... je vous le donne en mille: Les 38 femmes inscrites au cours croyaient toutes que L.F. Céline était une femme. Toutes sauf 3 qui avaient confondu Céline et Colette. Je ne vous dis pas le désespoir des pauvres filles quand elles ont eu à se taper Mort à Crédit, le Voyage et Féerie. L'ambiance dans la classe... le dégoût qui montait à chaque cours... hihihi! Vous auriez adoré! Je ne vous en dis pas plus. Essayez juste d'imaginer l'horreur de ces filles de bonne famille obligées de se taper cinq briques de Céline (au Québec, une brique c'est un gros bouquin). Heureusement, au XXIe siècle, l'erreur n'est plus possible. Tout le monde connaît Céline. C'est une chanteuse qui vient de mettre au monde un bébé-éprouvette et qui chante l'AAAAmouuuurr!!! L'AAAmmmouurrrr!!! Touuuujourrrrrssss L'AAAAAmourrrr!!!

P.S. Soyez honnête... que pensez-vous vraiment de Céline?

Bien à vous...

Pierre Revelin

 

       

 

       

Louis-Ferdinand Céline

      Cher Monsieur,

Plutôt rigolote votre bafouille, mais le chancelard dans cette histoche c'est vous non? Par hasard vous vous retrouvez le seul mec parmi toutes ces donzelles... y a quoi vous frétiller le bas-ventre? Sans doute, étiez-vous volontaire pour aider à la compréhension des textes trop corsés?... Céline c'est pas du fastoche! C'est qu'il est tordu comme esprit! Allez! Avouez! Le voyage en apéro devant un p'tit blanc avec une douzaine de nanas autour ça dérouille les intérieurs avant d'aller au plumard...

L'autre Céline? Une chanteuse qui fait du fric à la pelle et enfante dans l'allégresse à ce que me dit mon ami Dumontais. Il est vrai qu'à votre époque le talent est synonyme de l'oseille dans le compte en Suisse. Dites, J'ai quelques chansons... Des lustres que ça traîne dans mes cartons, croyez-vous qu'elle accepterait de les chanter?... Ah! Laissez donc tomber, vous savez moi, les chanteuses... À part Arlety... Je préfère les jambes musclées des danseuses.

Mais dites-moi plutôt, ça m'intrigue un peu, comment c'est un cours sur Louis-Ferdinand Céline chez les sorbonards d'Amérique. Emmerdant?

Louis-Ferdinand Céline
         
         

felix.revcou@sympatico.ca

      Les donzelles

Ah! Cher Céline!

Désolé de n'avoir pu vous répondre avant, mais vous savez l'hiver au Québec c'est pas de la tarte. On s'en est tapé une bonne tranche cette année. Moi, la neige, ça me coupe l'inspiration. D'ailleurs, dans votre oeuvre, elle est où la neige? Ça bombarde, ça pleut du napalm, le ciel est toujours prêt à éclater... mais jamais de neige. Remarquez que c'est sans doute mieux ainsi. Tenez, en parlant de neige, saviez-vous Céline que nous... dans notre glacière... nous sommes les seuls latins au monde à n'avoir jamais fait la révolution? Mais (entre nous) une révolution à -25 sous zéro... ça vous les coupe avant même d'avoir crié: Ra! Ra! Ra! Con-ti-nu-ons le com-bat! Bon, dans votre dernière lettre, vous me demandiez à quoi pouvait ressembler un cours sur Louis-Ferdinand Céline chez les sorbonards d'Amérique. Ah! je vous reconnais bien là! Soucieux de votre image et de ce que l'on pourrait dire, inventer, colporter sur votre compte. Surtout dans une université canadienne remplie de donzelles. Avouez Céline! Même dans vos rêves les plus fous, vous n'avez jamais imaginé 50 beautés fatales (perdues dans une cabane au Canada) et obligées à toutes les semaines de se pencher durant trois heures sur votre cas. Ça doit vous le titiller (en titi) le gros égo, non? Hélas, Céline! Je dois quand même vous dire que les filles ne pouvaient déjà plus vous piffer après les 50 premières pages du Voyage. Et il leur restait encore à lire Féeries, Mort à crédit et le Pont de Londres. Moi, j'étais bien content de relire tout ça, mais vous imaginez un peu comment elles me regardaient les donzelles... méfiantes... soupçonneuses... dégoûtées avant même que je ne leur propose un p'tit blanc (sec) pour les aider dans leurs travaux de fin de session. Bref! J'étais mal barré, comme on dit chez vous. J'inspirais tout... sauf la confiance. Et les donzelles me voyaient venir de loin avec mes conseils à la noix de coco. Dans la classe, ça râlait et pas à peu près! Pour éviter le pire, la prof (qui avait les jambes d'une danseuse, comme par hasard) a choisi de travailler sur votre ponctuation. Disons que ça prêtait moins à polémique. Ah! Les points de suspension de Céline! Et tous ces points d'exclamation! Évidemment, les donzelles se sont jetées sur vos points de suspension comme la misère sur le pauvre monde. Toutes heureuses qu'elles étaient de ne pas avoir à décortiquer le corps du texte. Des heures et des heures de plaisir à analyser vos points de suspension. J'en bave encore. Pour le thème de la nuit dans le Voyage faudra repasser! Mais bon, j'ai pris quand même mon pied!

Pierre Revelin