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Dans une région lointaine, an 461
Princesse Cassandre,
Je m'appelle Séverine, j'ai quatorze ans et je vous écris d'une région
lointaine où j'étudie. J'ai choisi de vous écrire car je vous admire beaucoup,
et aussi parce que vous voyez les malheurs qui vont arriver. Je pense que cela
doit être difficile de savoir que personne ne vous croit alors que ces malheurs
se passent vraiment.
Maintenant, j'aurais quelques questions à vous
poser car j'aimerais beaucoup avoir des informations sur vous qui êtes
princesse: votre statut n'est-il pas très dur? Vous êtes une princesse connue;
n'aimeriez-vous pas être une princesse inconnue dans la vie? La princesse Hélène
est beaucoup aimée pour sa beauté, n’êtes-vous pas jalouse?
Avec
mon admiration,
Séverine
Paix et joie, Séverine!
Je suis princesse, c'est vrai, mais je suis
avant tout, dans mon cœur, prêtresse: prêtresse de la Grande Mère et prêtresse
d'Apollon.
Tu as raison, être une princesse n'est pas bien difficile,
mais c'est d'un ennui! Enfin, cela l'était, car maintenant, je ne suis plus
qu'une prisonnière. Tu sais, j'aurais avec joie échangé les avantages de la vie
au sein de la famille royale pour la liberté que procure une vie plus simple.
Mais je sais aussi que chaque destinée comporte une part égale d'infortune et de
fortune.
Si je comprends bien, je suis reconnue pour être celle qui
disait ce que les autres n'entendaient pas. Ce n'est pas une gloire très
éclatante ni enviable, à mon sens. La célébrité m'indiffère et m'a toujours
laissée froide.
Non, je n'étais pas jalouse d'Hélène. Elle possède une
grande beauté et un charisme indéniable, mais ses malheurs sont grands et ses
larmes nombreuses. Je ressens de la compassion pour Hélène, et de l'amitié.
Qu'Apollon éclaire ta route!
Cassandre, née Alexandra
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