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Aiechose |
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Diamants sur canapé |
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J'ai aimé le film tiré de «Petit-déjeuner chez Tiffany» et la
performance d'Audrey Hepburn. Avez-vous travaillé au scénario?
Vous identifiez-vous au personnage du narrateur? Je travaille avec
des déficients intellectuels et j'estime que votre héroïne est
une autiste de type «Asperger». Ai-je raison? Avez-vous croisé
des personnes comme elle, ou vous êtes-vous documenté pour
créer un personnage aussi crédible?
A plus. Aiechose Chère Aiechose (?) Je vous remercie de votre message. Je vais tenter d’y répondre précisément. Lorsque la Paramount a acheté les droits de mon roman, j’ai accepté pour différentes raisons. La première était la somme mise sur la table. Je n’en parlerai pas ici, ça serait indécent, mais c’était une somme rondelette. Ensuite, je pensais pouvoir imposer celle qui à mon avis n’incarnait pas Holly Golightly mais ÉTAIT Holly Golightly, c’est-à-dire Marilyn Monroe. Elle aurait été parfaite dans ce rôle, mais la Paramount ne voyait pas de blonde jouer ce rôle, une belle brune ferait l’affaire. Et Audrey Hepburn, que j’adore et qui est une grande actrice, a été retenue. Mais ça n’était pas elle, Holly. Elle n’est jamais rentrée dans le personnage, pas plus que ce pauvre Mickey Rooney d’ailleurs, qui joue un détestable M. Yunioshi, loin de mon personnage, qui est émouvant, touchant, l’amoureux beau parce que faible. Enfin… Je n’ai pas eu à écrire le scénario non plus. George Axelrod a été embauché par les studios, il a travaillé pendant des mois à différentes versions. Celle qui a été retenue est de loin la moins intéressante, parce que mon roman était construit de manière que les événements se succèdent. Dans le film, tout se mélange. Enfin… je n’aime pas trop ce film, même s’il a remporté deux Oscars. Je n’ai donc pas travaillé au scénario, même si j’ai eu, en qualité d’auteur, le droit de me prononcer. Mais ça n’a servi à rien, ils ont gardé la mauvaise actrice, le mauvais scénario et probablement le mauvais réalisateur. Le narrateur, évidemment, c’est un peu moi, comme c’est le cas dans toute mon œuvre. C’est drôle qu’ils aient choisi George Peppard, si beau, si séduisant, pour le personnage de l’écrivain, car je ne me reconnais pas en lui. C’est un homme délicieux! La dernière partie de votre lettre est passionnante. Et tellement intelligente que je ne sais pas y répondre… Holly, une autiste de type asperger? Personnellement, je ne sais pas trop de quoi il s’agit, je ne suis pas très au courant de ces trouvailles médicales récentes (les anciennes non plus, tiens, d’ailleurs…) Accepteriez-vous de m’en dire plus? Je serais passionné par votre réponse. Si de nombreuses filles se sont manifestées pour me réclamer des sous en prétextant que je les avais prises pour modèle lorsque j’ai créé Holly, je peux vous dire qu’aucune d’entre elles ne semblait «autiste asperger», mais bel et bien profiteuses… Holly est un ensemble de personnes que j’ai connues, aucune de celles qui ont demandé de l’argent pourtant. C’est une photomosaïque, un assemblage de teintes, de regards, de peaux, de voix, de courbes, mais personne de défini. Un monstre de Frankenstein, la séduction en plus. Dites-m’en plus sur cet autisme, je serai ravi d’en apprendre peut-être plus sur ma Holly. En tout cas, merci de m’avoir écrit à ce sujet, votre lettre était passionnante. Bien à vous, Truman Capote |
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