Tragique |
||||
| Chère Juliette, Je trouve que votre histoire est tragique. Mais j'aimerais savoir si Roméo était votre premier amour, et si vous avez hésité avant de prendre le poison qui vous endormirait pour 24 heures. Merci. Audrey-Anne, 12 ans |
||||
|
|
||||
|
|
||||
| Audrey-Anne, Le comte Pâris, que mes parents voulaient me faire épouser, fut mon premier amant. Il est gentil et sa déflorante étreinte me fut comme une promenade amicale dans un beau jardin ou comme un repas confortable avec un bel ami, intelligent et spirituel. Roméo est moins fin comme amant, moins subtil, plus cru. Mais quand Roméo m'a prise, j'ai cru que j'allais me fendre, exploser, m'anéantir en lui. Rien au monde ne peut se comparer à ce moment et je peux t'assurer d'une chose: la sensation d'amour est intégralement subordonnée à l'émotion d'amour... Roméo est mon premier et mon dernier amour. Mon seul amour, à jamais. Pour ce qui est de cette boisson que tu évoques, la fiole la contenant est ici sur mon écritoire près de moi. Je vais la boire d'un trait vers la fin de cette longue nuit du mercredi de la Saint Valentin 1554, quand j'aurai fini ma correspondance. Ce sera sans hésitation, comme une autre étape devant me mener à Roméo ou à la mort. De fait, elle ne va pas m'endormir pour 24 mais bien pour 42 heures... Ce sera une sorte de pseudo-mort. Et tu vas devoir attendre un peu avant de pouvoir prendre connaissance de mes impressions de cette autre portion de mon aventure. Bonsoir, Juliette |