Les odeurs et les relations humaines?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

zulie_ms@hotmail.com

 

 

 

Chère Juliette,

 

J'ai souvent remarqué autour de moi que plusieurs facteurs affectent les relations que les gens entretiennent entre eux. Aussi m'est-il arrivé de me questionner sur la valeur de l'intervention des odeurs dans ces relations. Ne serait-il pas possible qu'une certaine odeur puisse nous attirer plus qu'une autre? Une odeur qui nous repousse pourrait-elle être la cause d'un froid entre deux personnes? J'apprécierais énormément avoir votre opinion sur ce sujet. Il ne s'agit que d'une hypothèse, et pourtant, quelque chose me pousse à croire qu'elle pourrait s'avérer vraie...

 

En espérant votre pensée à ce propos, je vous remercie d'avance

 

Julie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juliette Capulet

 

 

 

Les formes, les sons et les odeurs ne me sont rien, car j'aime.

 

Juliette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

zulie_ms@hotmail.com

 

 

 

Chère Juliette,

 

Votre réponse, bien que d'une brièveté rare, m'a impressionnée. Que voulez-vous dire par aimer? Qu'est-ce que l'amour exactement pour vous? Je dois vous avouer que j'ai beaucoup de difficultés à imaginer qu'aucun son, qu'aucune odeur ou forme ne puisse influencer votre vision du monde, et que seulement l'amour vous guide. J'apprécierais, s'il est possible pour vous, un aperçu de votre vision du monde qui me semble très intéressante.

 

Au plaisir de recevoir une seconde lettre de vous,

 

Julie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juliette Capulet

 

 

 

J'adore la texture et le parfum des roses. La mandoline rend un son très pur qui me plaît grandement, presque autant que le doux chant d'une petite eau cristalline ruissellant au fond d'un jardinet. J'ai rencontré ces multiples sollicitations et d'autres encore quand j'ai été invitée au domaine du comte Pâris, quand il m'a gentiment prise et a doucement demandé ma main.

 

Mais, depuis que j'ai rencontré ce Roméo Montagu qui me hante comme une sourde tempête gonfle un ciel de fin d'été, nul velouté, nul son, nulle couleur ne me perce si profond, ne m'atteint, ne me touche. Je suis insensibilisée à tout ce qui est autre que mon maladif, impulsif et tyrannique amour.

 

Juliette