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Juliette Capulet

     
   

Le comte Pâris

   
Bonjour Juliette, 

Je m'appelle Flore. Je dois dire d'abord que je suis passionnée par ton histoire avec Roméo qui est pour moi la plus belle et la plus romantique au monde. 

Lors du bal où tu as rencontré ton Roméo, le comte Pâris était présent. Lorsque tu as vu le comte à ce bal, est-ce qu'il t'a plu? Penses-tu que, si le comte Pâris t'avait fait la cour et aurait demandé ta main avant que tu ne tombes amoureuse de Roméo, tu aurais accepté de l'épouser? 

Lorsque tu as refusé ta main à Pâris, ton père est devenu furieux et a menacé de te déshériter. À ce moment-là, pourquoi n'as-tu pas demandé au frère Laurent de te mener à Mantoue auprès de ton époux? Si tu t'étais mariée avec Pâris, que serait-il advenu de ton mariage avec Roméo? Pâris serait-il devenu ton époux à la place de Roméo? 

À bientôt.


Chère Flore, 

Si Roméo n'avait pas existé, je serais restée la petite sotte vénale et complaisante prête à se concéder, pantelante, pour satisfaire les combines familiales de son père. Et en plus, Pâris est bien. Il est noble, droit et juste. J'ai beaucoup d'amitié pour lui. Je me serais donc donnée à lui, et il m'aurait bien traitée, car il m'aime d'amour. 

Maintenant, cette facette de moi est morte pour toujours, craquelée, effritée et partie au vent comme poussière. Je suis la femme de Roméo pour l'éternité. Le reste, héritage, famille, clans, alliances, mondanités, m'est un brouet insipide et méprisable sur lequel mes lèvres ne se poseront jamais plus. 

Je n'ai qu'une idée très vague de ce frère Laurent dont tu me parles et ai comme principe de me méfier des ecclésiastiques. Il se croient très forts, mais, à force d'intrigues tordues, ils finissent par faire gaffes par-dessus gaffes. Aussi, si les choses tournaient mal pour Roméo et moi, je ne serais pas étonnée que cet abbé Laurent ait quelque chose à y voir. 

Amicalement. 

Juliette