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Juliette Capulet

     
   

La souffrance

    Bonsoir Juliette, 

je suis Fabien et je viens de lire ta phrase sur l'amour. C'était juste pour te dire que je suis entièrement d'accord avec toi et que ma vie s'en est allée dès que j'ai perdu ma Julie, mon Coeur, mon Ange, il y a moins de deux semaines. J'attends juste le rétablissement de mon père pour aller la rejoindre.

Pour que tu dises une phrase pareille c'est que tu dois connaître l'amour et j'en suis heureux pour toi. Protège-le de tout ton coeur et de toute ton âme, ce que je n'ai pas su faire.

En tout cas, je crois que personne au monde n'est capable d'imaginer notre amour et la souffrance que je ressens en ce moment et à chaque instant que je respire.


Bonjour Fabien,

Quoi qu'il soit arrivé, cours au plus vite la retrouver. Il lui sera impossible de rester insensible à l'intensité de tes sentiments. Courage, je suis avec toi. Le puissant souvenir de ce que je symbolise te guidera.

Juliette Capulet


Bonsoir Juliette, c'est Fabien, je viens de rentrer de week-end chez la meilleure amie de ma Juliette qui est partie, cela pour ne plus voir et subir les souvenirs de notre AMOUR, en restant chez moi.

Comme je te l'ai dit, j'attends que mon père se fasse opérer du coeur le 25 juillet puis qu'il se rétablisse, et à ce moment je rejoindrais ma Juliette, sans laquelle j'éprouve une souffrance que personne n'est capable d'imaginer, il m'est impossible de continuer à vivre.

Je fais cela car pour mon Coeur c'était comme son papa et elle me pousse à me battre au moins jusqu'à l'opération. Je souffre tellement mais je le fais pour nous deux.

Quand je te parlais de mettre fin à mes jours au cimetière à côté de ma Juliette, c'est qu'en fait je voudrais savoir si tu connais un endroit ou l'on peut se procurer un poison mortel qui me permettrait de m'en aller, sans me rater. Pour moi, c'est la meilleure solution, il m'est impossible de prendre une corde et de l'attacher à un arbre, je me ferais prendre avant même de l'avoir mise en place.

Si tu as une autre idée, j'aimerais que tu me fasses signe. Je t'en remercie d'avance.


Ta requête est paradoxale. Les chances sont fortes qu'on t'inhume ailleurs qu'après d'Elle, sauf si tu exprimes explicitement et puissamment ton souhait. La discrétion en ces matières pose dès lors un problème insoluble.

Une autre part dudit problème, et qui n'est pas la moindre, est la suivante: il faut mourir. Et là c'est l'enfermement dans le cercle restreint des solutions convenues: le poison, la corde, le fer ou la collision. Or voilà autant de procédés cruellement ostentatoires.

Cela finalement me suscite moins une réponse qu'une question: décidé comme tu sembles l'être à poser un geste si radical, qu'as-tu donc tant à faire de la discrétion. Ce n'est pas comme si tu t'exposais à entendre les reproches qu'on te fera!

Juliette


Salut Juliette, 

je viens de recevoir ton mail qui me touche énormément. Je voudrais juste te demander un renseignement, même si je ne te connais pas. En fait, je voudrais partir la rejoindre là où elle se trouve actuellement, c'est à dire au cimetière, et je cherche le moyen le plus discret pour ne pas attirer l'attention, aurais-tu une idée?


Le plus mortel des poisons mortels s'appelle: Amour. L'endroit où on le trouve s'appelle: Vie. Avec un peu de chance, tu lui échapperas.

Courage.

Juliette


Bonsoir Juliette, j'ai bien reçu ton mail et je suis entièrement d'accord avec toi. Comme tu le dis, j'ai déjà goûté au poison le plus mortel qu'il y ait, l'AMOUR. Mais, vois-tu, j'ai versé toute la fiole de ce doux et éternel poison.

Et il se répand dans mes veines un peu plus chaque jour, me faisant souffrir comme aucun homme n'est capable d'endurer.

Mais je suis toujours là, l'opération de mon père est mercredi, et ma Juliette à moi me l'interdit. Alors j'essaie de bouger le moins possible pour qu'il ne se répande pas trop rapidement dans mes veines et me laisse le temps d'aider mon père que j'aime.

Je sais que tu n'as pas de réponse à la question que je t'avais posée, tu me l'aurais déjà dit sinon.

A bientôt peut-être, Juliette