Charlotte
écrit à

Juliette Capulet
Ma très chère Juliette, J'espère de tout cœur que ce n'est pas vous que j'ai vue courir à travers champs avant-hier. Que dirait votre mère? Elle se fait tellement d'inquiétude et de souci à votre sujet! Allons, gentille Juliette, cessez de la tourmenter! Je ne saurais vous dire à quel point votre précédent courrier m'a fait chaud au cœur. Je suis cependant désolée de ne pouvoir vous répondre que maintenant: vous en découvrirez la raison dans quelques lignes. Mais au fait, comment va votre cher Pâris? Je ne l'ai pas vu depuis fort longtemps; quand vos fiançailles sont-elles programmées? L'oppressante famille des Montaigu est-elle toujours autant en butte avec la vôtre? Le pauvre prince Escalus se fait tant de malheur! Peu après mon départ précipité de votre maison, je suis partie réaliser mon grand rêve de toujours, voyager. Me voilà rentrée depuis peu de mon magnifique voyage en France. Oh, quel beau pays, quelle belle ville que Bordeaux! Un jour, je vous emmènerai dans cette belle ville. Malgré toutes ces gentillesses et nouvelles, je me dois, contre moi, de vous faire la morale. Je ne vous connais que trop bien. Après tout, n'est-ce pas moi qui vous ai vue pour la première fois? J'ai entendu dire que le jeune Montaigu (serait-ce Roméo?) vous tournait encore autour. Juliette! Tu es encore jeune et naïve! Tu ne peux pas savoir que les jeunes de ce triste monde n'ont malheureusement qu'une idée en tête, et je ne comprends pas qu'une jeune fille aussi intelligente et inventive que toi se laisse faire par de jeunes incongrus. Encore une fois je me réfère à ta mère: que dirait-elle? Dans l'attente d'une réponse, Ta dévouée Charlotte Projet scolaire de Tivoli |