| |
|
Cher Cadichon,
Je suis bien heureuse de vous écrire. Quand j'étais plus
jeune, je ne me lassais pas de votre histoire. Aujourd'hui encore, je
n'y repense jamais sans un brin de mélancolie. Merci d'avoir
écrit vos mémoires!
Bien à vous,
Sophie
Chère Sophie,
Enfin je rencontre une de mes lectrices, que je suis flatté!
J'ai appris pendant ma vie à me montrer moins orgueilleux que
dans ma jeunesse, mais, que voulez-vous, on ne se refait jamais
complètement et, vraiment, vous me faites un grand plaisir quand
vous mettez mes Mémoires au rang d'une de vos oeuvres de
prédilection. Vous écrivez que vous ne repensez jamais
à cette lecture sans mélancolie: est-elle associée
pour vous à de tristes souvenirs personnels? Ou bien
regrettez-vous votre enfance? Ou encore pensez-vous à la
destinée de ma pauvre petite maîtresse Pauline,
certainement l'épisode le plus triste de mes Mémoires?
Je vous adresse un brin de serpolet contre votre brin de
mélancolie, charmante Sophie. Aimez toujours les livres et la
vie.
Cadichon, âne à son tour et soudain tout mélancolique
Cher Cadichon!
J'ai reçu votre réponse avec un grand plaisir! Je pense
que je regrette un peu mon enfance! C'est tellement agréable
d'être insouciant et de ne pas penser aux dures
réalités de la vie! Cependant, je repense aussi parfois
à votre pauvre Pauline... Elle était si gentille, elle
vous aimait tant...
J'accepte bien volontiers votre brin de serpolet! Soyez certain que
j'aimerai toujours les livres (surtout le vôtre) et la vie. Merci
beaucoup!
Bien à vous,
Sophie
|