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Bénichou 
écrit à

Charles Bukowski


Hanky!


   

Hanky! Salut vieille semelle! C'est Ben! Tu t'souviens de Rita, la pouffe qu'on s'est attrapée à la frontière? Nan? C'est pas grave.

La forme vieux? T'as une tête qu'en finit plus! Le gin?

Moi j'suis dans la dèche... Au fait, tu pourrais pas dépanner un vieux pote d'un p'tit cinq dollars? Histoire de faire un ticket.

J'ai un tuyau, un vrai de vrai! Tu m'connais, tu peux m'faire confiance. Tiens si tu veux, on y va tous les deux! Alors?

Bénichou Van Ouf


C'est Ben ton nom? Tu te dis un vieux pote à moi? Tu veux que je te prête un billet de cinq dollars?

Non Ben, je ne te connais pas. Et non, je ne te dépannerai pas non plus. En fait, je crois que tu racontes n'importe quoi. Si tu savais le nombre de paumés qui se réclament de mon amitié depuis que j'arrive à vivre de ma plume! Alors jusqu'à preuve du contraire, tu fais partie de cette faune. J'ai soixante-douze ans mec, j'en ai pissé de la bière, je ne me fais plus d'illusion sur l'humanité depuis des lustres.

En ce qui concerne ma tête qui n'en finit plus, eh bien j'aimerais bien voir la tienne. Et saches que je ne bois plus de gin. Je ne bois que du vin de première qualité comme le dit Linda. C'est une conséquence du fric qui entre régulièrement dans mon compte en banque. Vive le fric, vive le vin et vivent les chevaux qui piochent sur le champ de course afin de me faire oublier à l'occasion que je suis vieux et méchant!

T'as un tuyau me dis-tu. Tiens tiens, c'est quelque chose que j'ai déjà entendu quelque part. Non merci, je me contente de MES tuyaux car ceux des autres m'ont toujours fait perdre du fric. Et qu'est-ce que tu connais aux chevaux, anyway. Ça fait des années que j'analyse les canassons mon vieux, je pourrais en montrer aux amazones.

Là-dessus, je me tire, j'ai deux ou trois moutons à tondre.

Buk

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