Un soir d'été |
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| Monsieur Brel, Je dois tout d'abord vous dire que s'il fallait choisir parmi toutes vos chansons, ma préférée, j'aurais bien de la difficulté à le faire. Au sujet de votre chanson "Je suis un soir d'été", le dernier couplet m'est toujours apparu quelque peu énigmatique, j'aimerais savoir ce à quoi vous faites allusion, si toutefois après toutes ces années vous vous en souvenez encore. Je trouve le texte de cette chanson sublime et très évocateur de cette atmosphère dans laquelle il nous plonge. Rares sont les chansons qui me transportent dans le temps et dans l'espace de manière aussi puissante, à chaque fois que je l'écoute, j'ai l'impression d'être là, de sentir la chaleur qui se vertèbre... Et de voir ces filles qui dansent à la mort d'un printemps. Voici donc le dernier couplet de «Je suis un soir d'été»: La chaleur se vertèbre Il fleuve des ivresses L'été a ses grand-messes Et la nuit les célèbre La ville aux quatre vents Clignote le remords Inutile et passant De n'être pas un port Par leurs richesses et leur intensité vos chansons m'ont fasciné et me fascinent toujours, Vous avez dit dans la Quête, «Aimer même trop, même mal», vous avez aimé beaucoup assurément et je crois que peu importe la manière, l'essentiel est d'aimer et d'essayer de pardonner à ce bourgeois qui sommeille en chacun de nous pour lui faire comprendre que tout ce qui s'achète avec l'argent, il n'en reste rien et que l'Amour (le véritable) n'est pas à vendre. Antoine Castro P-S : Mes amitiés aux lourdes Amoureuses qui promènent leur poitrine sur les flancs de la Meuse. |
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| Monsieur Castro. Je serais de bien triste mine de ne pas vous exprimer le velours de vos mots à mon égard. Je veux bien partager quelques clés pour vous permettre de pénétrer les métaphores. Quand la chaleur se vertèbre c'est que les chaleurs s'additionnent, celles des uns commes celles des autres, pour finir par faire une colonne un peu arthrosée... Et le fleuve qui passe dégage ses odeurs comme tous ceux qui ont trop bu parce qu'il fait trop chaud... Ces chaleurs d'été lourdes répètent ces bouffées comme un rite se répète et se célèbre... Quand la ville clignote c'est qu'elle voudrait suivre son fleuve jusqu'à la mer et devenir enfin un port où son phare clignote, comme pour faire des oeillades à ceux du large. Je souris aux lourdes amoureuses de votre part. Jacques Brel |