Libre
       
       
         
         

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      Cher Jacques,

J'ose espérer que ce tutoiement ne te parait pas intempestif. Un vouvoiement pour faits de mérite artistique! Quelle dérision! Quelle raideur! Ton art a permis à bien des humains de se rapprocher. Tu as permis une communion, non, une communication entre les âmes et tu voudrais t'en exclure parce qu'on te devrait un respect langagier? Non, je ne veux pas le croire.

Tu n'es pas mesquin. Mon respect se situe à une autre mesure que ce mot. Et si je devais te dire vous, c'est parce que tu serais plusieurs: le chanteur, le cinéaste, l'aviateur, le marin, le philosophe, le vivant, le mort et le libre.

J'ai participé il n'y a pas longtemps à un spectacle qui te rendait hommage. Ta fille était là. En dehors du compliment qu'elle nous a fait, à tous participants de ce spectacle, elle m'est apparue comme une personne franche, droite et fière et cependant si proche de gens qu'elle ne connaissait pas.

Cet «Amsterdam» là restera dans ma mémoire à jamais. Et de ce contact avec France, je garderai toujours l'espoir que tu lui as transmis ce caractère.

Et que donc, puisqu'il ne lui a pas déplu, ce tutoiement te plaira...

J'espère un jour arriver à voir les choses d'où tu les vis...

Th.

 

       
         

Jacques Brel

      Je suis de ceux pour qui le tutoiement témoigne d'une camaraderie égalitaire, d'une amitié complice, ou d'une proximité de l'intimité. Mais je sais le rapprochement que provoquent la musique et le propos d'une chanson, ou de tout un répertoire. N'empêche que la convivialité doit rester polie... à moins de donner dans la bêtise et de mériter tout de go des tutoiements d'invectives méritées!

Brel