Et l'immortalité? |
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| Je me baladais, curieux, dans ce salon
"des morts qui n'en sont plus" et je t'ai rencontré par hasard.
J'ai fait un bout de chemin important en ta compagnie, et de ton enseignement des
"fondamentaux" qui ne semblent pas en cohérence avec ton retour
parmi nous. Je crois que ce qui qualifie le plus ton oeuvre et ta vie c'est ce rejet
viscéral de l'immobilisme et tu dis à ce propos quelque chose d'essentiel
sur la mort: "l'homme ne voit plus les morts et à l'ignorer il n'y a
qu'un pas vers l'idée d'immortalité. Nous ne sommes pas immortels et
c'est pour cette raison qu'il faut lutter contre l'immobilisme". Tu comprends
alors que ton retour me questionne. Autre chose, je ne comprends pas ce manque de
pudeur qui ressort de tes interventions, cela ne te ressemble pas mais ressemble
plutôt à l'image que l'on a voulu donner de toi. Ne leur tends pas la
perche, cette misogynie dont on t'accuse trouve écho dans ta réponse
à Mélissa et pourtant il s'agit d'une désillusion et d'une souffrance
d'un autre ordre. Mélissa n'a rien compris et je ne pense pas, compte tenu
de son intervention, "qu'elle soit l'avenir de l'homme". Ce que Mélissa
n'a pas compris c'est que tout comme des amis tels que Georges ou Léo tu as
écrit des textes "misogynes" à la mesure à laquelle
tu pouvais aimer les femmes. La douleur ne possède pas l'arme de l'arrogance
mais celle d'un mépris maladroit qui se trahit souvent lui-même (même
si cela ne l'excuse pas forcément). Je te souhaite de suivre le plus longtemps ton "inaccessible étoile" Vincent |
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| Vincent. Un peu magistrat de la conscience le pur Vincent... Puisque tu me tutoies c'est que tu me crois susceptible d'en faire autant. Tu me rappelles ma négation de l'immortalité. Qui affirme que ce lieu de rencontre jouit d'une pérennité absolue ? Les Mélissa à triste figure ne méritent pas l'attention du moindre misogyne. Tu me reproches mon manque de pudeur? Aurais-tu quelques cousins flamands? J'ai toujours eu mon franc parler. Quelques films documentaires en témoignent généreusement. Ce n'est pas un manque de pudeur. C'est un souci de vérité et de fidélité à l'humble condition humaine. Il faudrait que tu puisses en parler avec Jef... À la tienne et... à la sienne. Jacques Brel |